
« En l'espace de 2 ans, près d'un tiers de nos éleveurs ont rénové ou agrandi leurs bâtiments et mécanisé le ramassage », explique Pierre-Yves Poupon, responsable repro de Nutréa. « Il y a 10 ans, dans un élevage de poules sur nids paillés, l'éleveur ramassait 1 500 œufs/heure. La mise en place de pondoirs automatiques a permis de passer à 2 500 - 3 000 œufs/h. Actuellement, en utilisant une emballeuse, il peut collecter 5 000 œufs/h ». Une personne peut donc conduire un élevage de 20 000 poules, contre presque 2 personnes pour 10 000 poules, il y a 10 ans.
56 millions de poussins par an
Nutréa regroupe 28 producteurs d'OAC (oeufs à couver) pour 350 000 poules et une dizaine d'éleveurs de poulettes repro. Sur une année, 70 millions d'OAC entrent au couvoir de Cléden-Poher (29) pour une production de 56 millions de poussins. Ce couvoir approvisionne les éleveurs de poulets d'Univol. « Avec ses 230 éleveurs, le groupement produit 1,3 million de poulets/semaine (50 % export et 50 % standard) », souligne Christian Corveller, de Nutréa Les poules repro sont conduites sur sol béton (7 à 7,5 poules/m2) avec 9 % de coqs (1 000 coqs pour 11 000 poules). « En génétique, nous sommes orientés à 70 % vers la souche JA et à 30 % vers les autres souches, type Hubbard F15 ou Ross », précise P.Y. Poupon. « Les poulettes sont transférées vers 20-21 semaines et les poules sont réformées à 68-70 semaines pour la souche JA et 64 semaines pour les autres. Globalement, nous avons un cycle par an (49-50 semaines pour les blanches et 52-54 semaines pour les JA) ».
Un travail exigeant
Une poule de souche JA donne naissance, en moyenne, à 210-215 poussins contre 135 à 140 dans les autres souches. Les lots sont en contrat d'intégration ; la poulette, l'aliment, les vaccins, les produits véto, la désinfection sont payés par l'intégrateur. L'éleveur fournit le bâtiment, il effectue le suivi du lot et s'occupe de l'enlèvement. « Au sein de la section repro, la rémunération est calculée dans un souci d'équité entre les différentes souches. Elle est en moyenne de 6,50 €/poule départ. Elle varie, selon les élevages et en fonction du nombre de poussins produits, de 5,80 € à 7,50 €/poule ».
« C'est un travail régulier, prenant, avec des exigences sanitaires importantes. Un métier très technique et pointu, où l'observation des animaux, l'analyse de la courbe de ponte, la maîtrise de la consommation d'aliment et du poids des animaux (poules et coqs) comptent beaucoup ». Des jeunes éleveurs s'y intéressent, ce qui permet de renouveler les générations. « Nous aidons les investissements en bâtiments neufs et les rénovations, en octroyant des aides de trésorerie remboursables sur 10 ans (20 % du montant des travaux avec un plafond de 50 000 €), ainsi qu'une majoration de contrat de 0,35 €/poule sur la même durée ». Patrick Bégos
Photo : L'élevage de poules repro exige une bonne maîtrise de la consommation d'aliment.