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«La mécanisation m’a permis de m’agrandir»
 

« Je me suis installé en 1981 en poules repro, car je n'avais pas la possibilité de produire du lait, mes parents étant toujours en activité », explique Alain Cloarec, de Gourin (56). Le poulailler de 11 000 poules était équipé de nids paillés. « Cette production représentait alors un travail à temps plein, y compris le week-end ». À la retraite de ses parents, en 1995, il reprend l'atelier lait (175 000 L et 40 ha) et se fait aider par un salarié. « Dix ans plus tard, en 2005, je me suis équipé de pondoirs automatiques et j'ai pu me passer du salarié ».


Meilleure organisation du travail


L'exploitation franchit une nouvelle étape. « J'ai arrêté la production laitière en mars et décidé de construire un second poulailler de 1 500 m2 pour 11 000 poules », précise Alain. Plusieurs éléments l'ont engagé dans cette voie. « La mise aux normes de la stabulation s'avérait trop coûteuse. L'organisation du travail était compliquée, les deux productions sont concurrentes. En doublant l'atelier de poules repro, je me suis équipé d'une emballeuse et j'ai amélioré mes conditions de travail ». Le poulailler statique à lanterneau est équipé de trappes. Les vitres apportent de la luminosité et le travail sera plus agréable. « Sur sol béton, les pondoirs automatiques Vencomatic sont disposés au centre », explique Christian Corveller, de Nutréa. « Les coqs ont une chaîne spécifique sur le côté et les poules 3 chaînes plates. L'aliment passe par une bascule, ce qui permet de peser la ration pour la journée. Celle-ci varie, chaque semaine, en fonction de la souche et de la progression du lot ».


Précautions sanitaires


Par des convoyeurs, les œufs des 2 poulaillers arrivent au bâtiment de conditionnement (200 m2) équipé d'une emballeuse Prinzen (30 000 €) qui dispose les œufs sur les plateaux d'incubation, tête en bas. La table de triage permet à l'éleveur de mettre de côté les œufs petits, sales ou trop gros. « La mécanisation de la mise en plateaux d'incubation libère l'éleveur de cette contrainte et accélère le conditionnement des œufs », souligne Pierre-Yves Poupon, responsable repro de Nutréa. Les œufs sont désinfectés et entreposés dans un local avant d'être collectés par le couvoir (2 fois par semaine). « Dans un tel atelier, toutes les précautions sanitaires sont prises avec la douche, le sas 3 zones, une tenue et des chaussures par poulailler, la désinfection du local après enlèvement des œufs. 22 000 poules repro, c'est 20 000 œufs en pic de ponte et 4 heures de temps pour les conditionner ». Le coût global du poulailler neuf avoisine 370 000 € dont 155 000 € de coque, 34 000 € de dés, terrassement et béton au sol, 90 000 € de matériel et 65 000 € pour l'électricité, l'abreuvement et l'alimentation. La main d'oeuvre personnelle n'a pas été comptabilisée.


L'oeil de l'éleveur


Dans un atelier de cette taille, mécanisé, le travail quotidien peut être réalisé par une personne. « Compte tenu des 40 ha de cultures, de l'accumulation de la charge de travail sur 44 semaines, du ramassage des œufs durant les week-ends et de la nécessité de se libérer de temps en temps, j'embaucherai sans doute un salarié à mi-temps », précise Alain. « La conduite des lots est un travail pointu, car il faut bien gérer les poules et les coqs. Chez les coqs, il faut, par exemple, maîtriser le poids ainsi que l'état sanitaire des pattes. Leur forme détermine le taux d'éclosion. Une croissance trop forte et une litière mal gérée pénalisent les résultats des poules ». L'oeil de l'éleveur compte beaucoup. « Le matin, je passe 2 à 3 fois, pour vérifier la ponte au sol, puis à nouveau 1 fois le soir. La ponte au sol doit être limitée, car elle augmente le travail, elle impacte le plaisir du métier et les performances du lot. Il faut un peu éduquer les poules ». Cette production a beaucoup évolué depuis cinq ans. En 2007, 50 % des élevages avaient encore des nids paillés. La totalité ont maintenant des pondoirs automatiques. L'étape actuelle, c'est la mécanisation du ramassage. « J'ai saisi cette opportunité pour doubler mon élevage, le moderniser et assurer ainsi sa pérennité ». Patrick Bégos


 


Photo : Dans le poulailler neuf, les poules repro disposeront de pondoirs automatiques avec un caillebotis d'accès d'1,70 m.

 





Bonnes performances techniques
Les poules du dernier lot (2010) d'Alain Cloarec étaient de souche Ross. Elles ont pondu 181,2 œufs à couver à 64 semaines pour un standard de souche de 169 œufs en conditions comparables. Chaque poule a ainsi donné naissance à 142,1 poussins, soit un taux moyen d'éclosion de 78,4 %. La rémunération éleveur a atteint 7,55 € par poule départ.



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Date de l'article : semaine du N° du 23 Décembre 2011 au 5 Janvier 2012
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