
Une mortalité supérieure à 15 % des veaux dans les 2 mois après la naissance, plus de 4 veaux morts sur une courte période ou encore une moyenne trimestrielle entre 250 000 et 400 000 cellules dans le lait suffiront à déclencher une alerte. Ces indicateurs permettront aux conseillers d'optimiser le service rendu aux éleveurs, selon Laurence Mocquet, directrice du GDS 56, intervenant à la réunion cantonales des cantons de Belz, Port-Louis, Quiberon, jeudi dernier. De même, une dégradation du statut BVD, un résultat d'analyse d'eau défavorable, l'inutilisation du carnet sanitaire ou l'absence de visite depuis plus de 15 mois dans l'élevage déclencheront une visite du technicien. « L'objectif est d'être plus réactif, plus opportun. La visite sera plus ciblée avec la possibilité de faire rapidement appel un un conseiller spécialisé dans tel ou tel domaine sanitaire ». Une passerelle informatique existe désormais entre Agraël et Vét'Elevage, outil de gestion des cabinets vétérinaires. « Ce lien permet l'abondement et la mise à jour automatique du carnet de sanitaire par les enregistrements des ordonnances et des achats de produits directs au cabinet ou auprès du vétérinaire ».
Résurgence de la FCO en 2012 ?
La loi de modernisation agricole a prévu la création d'un fonds sanitaire pour une meilleure couverture des risques sanitaires et environnementaux (pertes économiques liées au blocage des élevages). Les GDS ont mis en place, en 2011, un dispositif pour les bovins, ovins et caprins. « 14 maladies sont actuellement concernées dont la fièvre aphteuse, le brucellose, la tuberculose, la FCO (pour les sérotypes sans vaccins disponibles) ». Le plan de prophylaxie des maladies réglementées pour les cheptels allaitants a permis l'allègement des contrôles depuis la dernière campagne (baisse de 57 % des prélèvements de sang). Le virus de la FCO circule toujours en France, notamment dans le bassin allaitant. « 20 % des animaux ont été vaccinés en 2011, en Bretagne. Il existe une immunité vaccinale résiduelle. Un risque de résurgence de la maladie est possible en 2012, compte tenu du faible niveau de vaccination en 2011 », poursuit Laurence Mocquet.
Concernant la paratuberculose, « maladie qui s'achète », une nouvelle méthode de détection à moindre coût (mélange de lait de 5 vaches, de sérum ou de bouses) se développe. Cette méthode reste à affiner. Elle permettrait de connaître facilement le statut de chaque élevage et faciliterait les échanges (achat, vente), en tenant compte de ces statuts.
Bernard Laurent
Photo : L'analyse de cartilage permet désormais de rechercher le virus de la BVD (prélèvement à l'aide d'une boucle spécifique posée sur l'oreille de l'animal)