Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ille et Vilaine (35)
Des variétés population sélectionnées à l'Adage
 

« Nous souhaitons disposer de variétés adaptées à l'agriculture biologique ou à faible niveau d'intrants, plus résistantes aux aléas. Des variétés qui nous permettent davantage d'autonomie sur nos exploitations. L'objectif est aussi de pallier à la pénurie de semences bio et de se protéger contre les OGM », expliquent les producteurs de l'Adage engagés depuis deux ans dans la sélection de semences paysannes de maïs. Un travail qui s'appuie sur des variétés anciennes à forte variabilité génétique, appelées Aguartzan, Lavergne, Poromb... « Nous avons engagé un partenariat avec des groupements bio du Sud de la France qui travaillent sur le sujet. Les semences proviennent des frigos de l'Inra, d'Europe du Sud ou d'Amérique du Sud », a détaillé Dominique Macé, animateur à l'Adage, lors d'une conférence technique, le 5 décembre à Montours. Pour le moment, six variétés ont été testées par huit producteurs sur des parcelles expérimentales de 500 m2, avec une densité de semis de 70 000 pieds/m2.


Sélection « massale »


Les récoltes ont été réalisées début novembre. Effectuée au champ, la sélection est dite massale. « Elle peut être “positive”, centrée davantage sur les épis que l'on souhaite conserver, ou “négative”, en éliminant ce que l'on ne veut pas garder (à la levée, la floraison ou la récolte). Cette dernière technique induit une sélection moins forte. » Chaque agriculteur a défini ses priorités pour la sélection. Les critères retenus pouvaient concerner la plante (hauteur d'insertion des épis, tenue de tige, sensibilité au charbon, à la pyrale...) ou l'épi (grains bien rangés, maturité, fécondation de l'épi jusqu'au bout, grosseur de l'épi...). « L'objectif est de récolter au moins 600 épis par parcelle, les autres semences pouvant être utilisées en production. » Après passage dans l'égreneuse, les semences sont soigneusement conservées dans des endroits ventilés, sombres et secs.


Pas de souci en précocité


La précocité de ces variétés anciennes dans un contexte breton était une des grandes interrogations au lancement de l'expérimentation. Pas de souci au final : « le retard par rapport aux variétés hybrides allait de 0 à 10 jours au plus. » De quoi rassurer les producteurs. Ils vont désormais travailler davantage le rendement et la valeur nutritive. Avant de stabiliser les variétés par rapport au contexte pédoclimatique, il faut compter environ 5 ans. Par ailleurs, une meilleure efficacité dans l'itinéraire technique permettra de gagner du temps et de réduire les coûts, pour rendre la technique plus intéressante sur le plan économique. Agnès Cussonneau


 


Photo : Les producteurs sélectionnent eux-mêmes les épis dans le champ.







La loi défavorable aux semences fermières
Les producteurs de semences fermières ont été déçus par l'approbation par l’Assemblée Nationale, le 28 novembre dernier, de la loi sur les Certificats d’Obtention Végétale (COV). Pour les 21 espèces (céréales et fourrages) dont l'utilisation de semences de ferme est autorisée, tous les hectares cultivés seront taxés au bénéfice de l’industrie et des vendeurs de semences. La loi réaffirme par ailleurs l’interdiction de vendre, donner ou échanger sa semence avec un tiers.



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Décembre 2011
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