La fin annoncée des quotas, la mise en place de la contractualisation fait craindre au Cedapa une forte restructuration des ateliers laitiers et une augmentation des volumes. La conséquence risque aussi d ‘être un éloignement du lien au sol, notamment des surfaces pâturées. « Les surfaces accessibles ne suivent pas. La part de l’alimentation à l’auge croît, avec une ration à dominante maïs et de concentrés qui ne sont pas garantis sans OGM », souligne Patrick Thomas, l’un des co-président du Cedapa. D’où la réflexion initiée lors de l’Assemblée générale, mardi 6 décembre, à Langueux d’une labellisation sans OGM, pour la filière laitière notamment. Cela reste du domaine du souhait, car l’association n’ignore pas la complexité de la démarche.Ces dernières années d’autres pays européens se sont engagés dans cette voie. Leurs filières non OGM connaissent un réel succès. Pour étayer leur réflexion, les responsables avaient invité à intervenir devant leurs adhérents, Jochen Koester, membre du Conseil d’administration de l’Association de gestion du label Ohne Gentechnik allemand (label non OGM). Ayant travaillé au départ dans le génie génétique, il est devenu un convaincu « à 100 % » du sans OGM.
L’appui de grands groupes
Certes au départ la création de ce label sans OGM en Allemagne s’est heurté à des oppositions comme celle du
syndicat majoritaire (DBV), de certains partis politiques libéraux. Il y a eu aussi parfois des malentendus avec les organisations de consommateurs. Et de grosses oppositions, comme celles des importateurs de matières premières pour l’alimentation animale. « La contrainte est la traçabilité obligatoire ». Des réticences et des oppositions surmontées car les initiateurs de ce label ont su trouver des alliés. Il cite dans la filière laitière, Friesland Campina, au travers de sa marque Lanliebe. « Elle a vu sa vente de lait de consommation augmenter de 15 % la 1re année avec la mention sans OGM ». Il précise : « Fin 2011 en Allemagne, 10 % du lait consommé portera cette mention et plus de 50 % des vaches satisferont aux critères sasn OGM en 2014 ». Ajoutant que « le durable n’est concevable qu’avec la garantie sans OGM ». D’autres produits laitiers comme les fromages et les crèmes fraîches affichent aussi cette mention. Pas encore les yaourts aux fruits, du fait des ajouts. Lorsqu’on l’interroge sur le fait que ce qui paraît simple à mettre en place en Allemagne l’est beaucoup moins en France, il répond sous forme de boutade. « Les allemands aiment le laisser-faire français, mais ils sont stricts pour eux-mêmes ». La traductrice, allemande épouse d’un agriculteur français ajoute : « C’est ce que l’on définit en France comme étant la rigueur allemande ». Il est aussi persuadé qu’à terme le « sans OGM » pourrait devenir le standard. « Les distributeurs sont prêts, tout dépendra de la volonté des producteurs », conclut Jochen Koester.Pierre Dénès
Lait herbager sans OGM
Un projet de valorisation du lait herbager sans OGM est en gestation au Cedapa. Validé par le conseil d’administration, l’association a décidé l’embauche à temps plein de Romain Le Mouël, pour animer le groupe d’éleveurs porteur du projet. Le Cedapa ne souhaite pas renouveler l’expérience de la Laiterie paysanne qui avait conduit à la création d’une unité de transformation et de distribution. Préférant s’orienter vers des partenariats avec un transformateur et des distributeurs locaux.