Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Légumes | Article n°12531 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Les engrais verts, complémentaires des cultures maraîchères
 

Pratique de base en bio, la culture d'engrais verts s'est aujourd'hui étendue à l'agriculture conventionnelle, du fait de ses nombreux bénéfices. Le bon choix   dépendra bien sûr « de la période d'interculture, de la durée de disponibilité de la parcelle, mais aussi de l'intérêt majeur recherché. Le coût des semences, notamment en bio, sera aussi à prendre en compte », explique Hélène Védie du Grab (Groupe de Recherche en Agriculture Biologique) d'Avignon, lors des Journées techniques nationales « Fruits et légumes biologiques », à Rennes. Très fermentescibles, les engrais verts agissent en compléments de la paille et des fumiers qui fournissent quant à eux davantage d'humus. « En comparaison aux cultures maraîchères, certains engrais verts peuvent puiser plus profondément dans le sol des éléments fertilisants qui seront restitués à la culture. Et ils peuvent être différents des prélèvements habituels. Par exemple, la moutarde et le sarrasin extraient du phosphore, les crucifères du potassium et du soufre... »


Ne pas surestimer l'action « décompactage »


Agriculteur en Normandie, Joseph Pousset rappelle l'importance des légumineuses en système bio pour enrichir le sol en azote. « Et le mulchage de matières organiques végétales à rapport C/N (carbone sur azote) plutôt faible stimule les fixateurs tels que les bactéries azotobacter », ajoute-t-il. Evoquant l'action mécanique des plantes à pivot radiculaire (radis fourrager, tournesol, mélilot, colza...) dans la fissuration des sols, le producteur précise : « ce ne sont toutefois pas des décompacteurs. Ces derniers restent indispensables en cas de semelle trop marquée. » Les engrais verts facilitent également la maîtrise des adventices, par concurrence pour ceux qui ont un développement rapide : sorgho fourrager, crucifères, sarrasin, chanvre. « D'autres espèces sécrètent des toxines inhibant les adventices : sarrasin et seigle. L'action peut être plus spécifique, comme l'utilisation de l'avoine contre le chardon. Une espèce voisine de l'adventice peut également être intéressante : avoine contre folle avoine, seigle contre chiendent. La moutarde ou le sarrasin permettront de limiter le développement d'espèces nitrophiles (mourron, ortie). » Si les conditions ne sont pas favorables, certaines espèces peuvent au contraire se laisser dépasser, comme les légumineuses fourragères si elles sont semées seules, la phacélie en conditions trop chaudes ou trop froides.


Des risques aussi...


Dans la lutte contre les ravageurs et les maladies, les engrais verts peuvent également aider : les crucifères ont des propriétés désinfectantes, certaines variétés de moutarde, de radis fourrager sont nématicides. Point négatif, l'implantation de certaines espèces peut aussi comporter un risque : par exemple, les crucifères sont hôtes de la hernie des crucifères, la phacélie abrite le virus Y de la pomme de terre, le trèfle et la vesce favorisent les limaces... Sous abri, les engrais verts gardent leurs intérêts, mais leur mise en place est plus compliquée, surtout dans les petites structures, avec des limites en surfaces et temps. Les plantes à croissance rapide seront privilégiées, pour concurrencer les adventices et assurer une biomasse importante : sorgho fourrager, sarrasin et crucifères, en été – graminées seules ou mélange avec des légumineuses, crucifères, en hiver. Agnès Cussonneau


 


Photo : Les associations graminées/légumineuses assurent une bonne concurrence aux adventices.







Intérêt des mélanges avoine-légumineuses avant brocoli
A la station de Pleumeur Gautier (SECL 22), des essais sont réalisés depuis 10 ans pour mieux connaître l'influence des engrais verts sur la fertilisation azotée. « Assurer un rendement économique viable pour les producteurs et la prise en compte des objectifs environnementaux sont les deux enjeux », note Christian Porteneuve de la SECL 22. Des essais menés sur choux brocolis d'automne ont permis d'obtenir les objectifs de rendements (13 t/ha, pois moyen de 520 g) avec des mélanges avoine/pois/féverole. « Ces engrais verts ont été semés mi-octobre après céréales, et enfouis début juin, sans aucune fertilisation complémentaire. Le chou brocoli (Cv Steel) a été planté fin juillet pour une récolte mi-octobre. »



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Décembre 2011
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)