
« C’est un peu un mal pour un bien », évaluent les associés du Gaec Gallouedec en présentant l’historique du bâtiment volailles de chair qu’ils viennent de construire sur leur ferme de Pleyber-Christ (29). Pendant l’hiver 2010, l’un de leur poulailler n’a pas résisté à la neige. Un an plus tard, dont 5 semaines pour défaire le bâtiment endommagé et 8 semaines pour monter le nouveau, ils organisaient une porte ouverte quelques jours avant la mise en service de leur nouvel outil de 1 500 m².
Un investissement réalisé sereinement
« Nous sommes deux frères trentenaires et pour nous la période difficile des 12 premières années après l’installation en volailles de chair est passée », estime David Gallouedec. C’est ce qui a permis aux éleveurs de s’orienter vers du neuf. « C’est un investissement que nous pourrons supporter », confirme-t-il, en ajoutant que l’assurance (qui a couvert 30 % du financement) et une maîtrise des coûts ont aussi été indispensables. Entre la destruction de l’ancien bâtiment, le terrassement, l’aménagement des abords et le montage intérieur, « nous avons fait une partie des travaux nous même, explique-t-il. Au final, nous avons investi 190 € / m². » « Tant qu’à faire du neuf, nous en avons profité pour passer en ventilation dynamique », avec des trappes latérales dont l'ouverture se gère au millimètre. Avec l'ordinateur de gestion d’ambiance, « nous assurerons une meilleure surveillance, même sans être là, depuis la maison. » Car c’était aussi l'occasion d’installer des équipements modernes, à l'image des longrines isolées, « qui évitent les problèmes de condensation », précise Loïc Rio, du constructeur Sérupa.
Réduire la pénibilité
Mais ce que les éleveurs voulaient avant tout, c’était un bâtiment pratique. Grâce aux treuils électriques, tous les éléments se relèvent, « nous allons gagner 4 jours de travail entre deux lots », estime David Gallouedec. Car, plus besoin de tout sortir avant de s’attaquer à la litière et la désinfection, « ça va changer par rapport à ce que nous avions avant. Il y aura moins de travail pénible. » Hugues Ravinet, dirigeant de la société Avrelec qui a fourni les équipements, précise : « le système de relevage ne fait pas de bruit. Cela facilite aussi les interventions de paillage en production et le rationnement. »
Un plus sanitaire et économique
La polyvalence était un autre objectif des aviculteurs, jusqu’ici, uniquement producteurs de dindes. Ils s’équipent d’un bâtiment qui leur laisse la possibilité d'y produire des lots de poulets. D'un point de vue sanitaire « c'est une bonne chose de pouvoir alterner les espèces », explique David Gallouedec. C'est aussi un atout économique qui apporte de la souplesse dans les choix de gestion. « On peut s'adapter aux marchés pour éviter les embouteillages. » L'éleveur ajoute que c'est également un moyen d'optimiser les vides sanitaires. Philippe Le Page (Sanders) confirme : « la mixité améliorera la rentabilité du bâtiment. Pour un jeune éleveur, il faut être mixte pour pouvoir réagir par rapport au sanitaire et à la conjoncture. » En outre, « je suis convaincu que de plus en plus d'éleveurs partiront sur ce type de bâtiments, plus faciles d'utilisation. Les résultats seront meilleurs, avec de meilleures litières. » Sur l'hypothèse d'une conjoncture économique convenable, les associés tablent sur un temps de retour sur investissement de 10 ans. Ronan Lombard
Photo : Les éleveurs entourés de partenaires ayant contribué à la création de leur nouvel outil de travail.