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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°12526 |
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La phytothérapie dévoile ses atouts
 

« Je fabrique tous les aliments à la ferme » indique Michel Le Gal, à la tête d’un élevage naisseur engraisseur de 240 truies. «  J’ai toujours porté une grande attention à la composition des différentes formules ». Et aux méthodes naturelles de soins, pourrait-on  ajouter. L’éleveur a adopté, il y a 3 à 4 ans, certaines méthodes offertes par la phytothérapie pour protéger ses animaux. « L’objectif est, en premier lieu économique », précise-t-il. « Je souhaitais diminuer les dépenses en frais médicamenteux en m’aidant des extraits de plantes pour prévenir les pathologies, et donc pour améliorer les performances ». Les résultats sont satisfaisants. L’éleveur réalise deux cures (toutes les 3 semaines) de Pulmofit, un expectorant conçu et commercialisé par Phytosynthèse, en post-sevrage, pour prévenir les problèmes respiratoires. « Je le fais désormais systématiquement, en parallèle de la vaccination mycoplasme. Les problèmes de toux se sont atténués. En engraissement,  j’utilise ce même aliment diététique en cas de dégradation sanitaire ponctuelle, en curatif (passage viral par exemple qui contribue à des complications bactériennes). La reprise de la consommation est plus rapide ». Les frais médicamenteux atteignent 95 € par truie sur l’élevage (110 € en moyenne de groupe en Bretagne). Le gain le plus substantiel est lié, selon l’éleveur, à l’amélioration des performances zootechniques permises par les différents protocoles préventifs.


Dans l'aliment 1er âge


En post sevrage, les porcelets, sevrés à 28 jours, consomment un aliment 1er âge sans antibiotiques. « Je sécurise la formule avec du Colifit, un extrait de plantes intégré à l’aliment, conçu pour gérer la flore microbienne digestive ». Le taux de mortalité se situe dans la moyenne de groupe. « Les problèmes digestifs sont rares. Je conserve la possibilité d’effectuer un traitement antibiotique ponctuel, via l’eau de boisson, en cas de situation grave ». Le vétérinaire de l’élevage, Benoît Quéro, confirme l’intérêt de la phytothérapie. «  C’est une voie d’avenir. Nous testons dans notre laboratoire Anibio, diverses huiles sur différentes bactéries ( in vitro, sur boîtes de Pétri) pour affiner les connaissances, nous développons toute une palette d’aromatogrammes pour cibler le bon traitement. Ensuite il faut évaluer leur action dans les conditions d’élevage ». Une molécule pour une action bien ciblée. « L’exigence de technicité est importante. On pardonne l’échec d’un traitement antibiotique ; pas celui d’un extrait de plante ». Le vétérinaire va plus loin. « On connaît maintenant des interactions positives entre certaines huiles essentielles  et des antibiotiques. Ainsi des germes résistants à certains antibiotiques ne le sont plus quand on couple le traitement à l’utilisation d’un actif végétal. On pourrait, à terme, réutiliser certains antibiotiques aujourd’hui “dépassés” grâce à ces méthodes combinées ». Dans l’immédiat, ces protocoles sanitaires, essentiellement préventifs, ne doivent pas être utilisés, seuls, dans un élevage au statut sanitaire trop dégradé. Bernard Laurent


 


Photo : La phytothérapie propose des solutions pour lutter contre les problèmes digestifs ou respiratoires chez le porc en croissance



 




Un actif végétal contre les problèmes respiratoires
« Les toux observées en engraissement sont plus souvent dues à l'irritation provoquée par des poussières, des défauts d’'ambiance ou des écarts de température qu'à l’action d’un agent pathogène majeur», indique Nadège Chesneau, vétérinaire à la Cam 53. « Si l’état général des animaux n’est pas atteint (pas d’hyperthermie, appétit conservé) les antibiotiques ne sont pas indiqués ». Les conditions d'ambiance doivent être revues avec l'éleveur et le technicien.  Depuis 4 ans, dès les premières toux, la vétérinaire conseille, en première intention, un expectorant (Pulmofit de Phytosynthèse), à base de plantes,  «Comme chez les humains, ce produit à base d'eucalyptus est efficace pour faciliter l’expectoration et soulager l’irritation ». En cas de syndrome grippal, elle prescrit aussi cet aliment diététique, présenté en poudre, associé à un anti-inflammatoire (aspirine, paracétamol). « Les animaux s'en remettent plus rapidement. Beaucoup de nos élevages sont équipés de pompes doseuses. Nos éleveurs sont donc habitués à traiter via l'eau de boisson ». Les animaux ne sont pas gênés par le goût ou l'odeur du produit ; la consommation d'eau ne diminue pas. Une dizaine d'éleveurs naisseurs engraisseurs, huit post-sevreurs engraisseurs et un centre d'insémination dans son secteur (Mayenne, Ile et Vilaine) suivent de tels protocoles. « Deux d'entre eux réalisent des cures de Pulmofit en préventif : 15 jours après l'entrée en engraissement, puis une fois par mois ». Dans la zone d’activité la majorité des élevages vaccine contre le mycoplasme et la circulation du virus SDRP est limitée  (environ 15 % des élevages connus positifs).


28 centimes par porc


Le coût de la cure de 5 jours approche les 28 centimes par porc de 100 kilos. Une dépense qui ne rebute pas ces éleveurs convaincus de l'efficacité du produit. « Si les problèmes persistent ou s’aggravent, selon les analyses bactériologiques et les contrôles abattoir, un traitement antibiotique peut s'imposer ». L'extrait de plante est indiqué en post-sevrage ou en engraissement, en première intention ou en traitement symptomatique. Nadège Chesneau conseille également un autre produit diététique issu de la phytothérapie pour contrôler les troubles urinaires. « La fin de gestation et la période autour de la mise bas sont favorables à l'apparition des cystites. Je prescris du Suifit diet dans plusieurs élevages ».


 



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Décembre 2011
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