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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°12523 |
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Le nord de l'Europe veut plus de lait après 2015
 

« Le taux de subvention moyen pour les projets d'investissement est de 29 % en Allemagne contre 21 % en France », indique Gérard You, de l'Institut de l'élevage, intervenant à la journée lait de la FDSEA du Morbihan. Avec des plafonds bien plus élevés, ce qui traduit une volonté politique de moderniser et d'agrandir les exploitations, notamment au nord du pays, région laitière la plus dynamique avec ses entreprises familiales solides. La volonté de croissance est partagée par l'ensemble de la filière. Le prix du lait payé au producteur est proche du prix français, sur une longue période. Le lait est pourtant moins bien valorisé qu'en France. « La gamme de produits de grande consommation (PGC) est moins large, les produits premiers prix et marques de distributeur sont plus nombreux ». Ce positionnement permet des coûts de transformation, d'emballages ou de logistique moindres. « Leurs fabrications sont adaptées à la conquête des pays émergents. Ils ont moins de produits industriels (beurre, poudre) qu'en France, mais produisent beaucoup de fromages ingrédients, par exemple ». Les transformateurs recherchent l'effet taille et les économies d'échelle. « Ils entendent accompagner les éleveurs dans leur souhait de croissance. Le prix du lait est fixé en fonction de sa valorisation ». Cette volonté expansionniste est freinée par la production de biogaz, dans le nord du pays. Les investissements en usines de méthanisation y ont été réalisés, en grand nombre. « Elles fonctionnent avec du maïs fourrage et constituent une réelle concurrence à la production laitière ». À l'est du pays, les coûts de production sont concurrentiels mais le renouvellement de la main-d'œuvre est problématique et les capitaux manquent à la rénovation des ateliers. « Le prix en hausse des céréales, ces dernières années, pourrait contribuer à l'augmentation des surfaces en culture, au détriment de l'activité laitière ».


Potentiel limité aux Pays-Bas


Les Pays-Bas affichent leur volonté d'accroître la production de 20 % à l'horizon 2020. Leur organisation interprofessionnelle puissante et leur système de production simple, intensif et performant, avec une productivité fourragère exceptionnelle (13 000 kilos/ha de SFP) et un ratio d'un UTA pour 370 tonnes de lait, permettent d'envisager l'atteinte de l'objectif. « Le modèle est rentable. L'endettement est élevé, mais maîtrisé », poursuit Gérard You. « 600 000 € en moyenne, soit un euro par kilo de lait produit (30 % d'un capital d'exploitation composé pour 75 % de foncier) ». Le potentiel est cependant soumis à des contraintes environnementales croissantes. Le pays bénéficie d'une dérogation à la directive nitrate qui porte le droit d'épandage à 250 UN par hectare. Quid de cette dérogation après 2013 ? Les problématiques du phosphore, des émissions d'ammoniac et de gaz à effet de serre pourraient également contrarier la volonté de croissance. Le développement laitier dépendra du devenir de la production porcine, de nouveau en croissance depuis 2003, bien que réorientée vers le naissage avec engraissement, en partie, des charcutiers en Allemagne. « Au final, il est difficile d'imaginer qu'ils dépassent une augmentation de production laitière de 10% d'ici 2020 ».


Eldorado irlandais ?


Les producteurs Danois sont fortement endettés. « La transformation radicale du modèle de production, avec un renouvellement massif du parc bâtiment, surdimensionné, fragilise la filière. Malgré un prix du lait parmi les mieux payés en Europe, les producteurs Danois mettront quelques années à s'en sortir ». La production « low cost » irlandaise pourrait les faire rêver. La faiblesse des coûts de production (pâturage) et l'optimisme et la jeunesse des producteurs, dans un pays où l'agriculture redevient attractive, sont des atouts dont entend profiter la filière pour accroître de 50 % des volumes produits à l'horizon 2020. « Les handicaps sont une forte saisonnalité de la production et une transformation, peu concentrée, positionnée sur les produits industriels et les fromages ». Pas de nature à freiner le dynamisme du nouvel eldorado laitier. Bernard Laurent


 


Photo : L'Irlande a un grand potentiel de développement de production laitière. L'objectif est une augmentation de 50 % du volume à l'horizon 2020.







Oui aux OP (organisations de producteurs)
Pour renforcer leur pouvoir de négociation, les producteurs de lait pourront se regrouper au sein d'organisations (OP) qui auront la faculté de négocier collectivement les termes des contrats, y compris le prix. Le volume de lait qu'une OP pourra négocier à elle seule sera limitée à 3,5 % de la production de l'UE et 33 % des états membres concernés (45 % dans le cas des pays produisant moins de 500 000 tonnes : Malte, Chypre et le Luxembourg). Ces limites permettent de constituer des OP quasiment aussi puissantes que les principaux transformateurs tout en maintenant une véritable concurrence sur le marché.



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Décembre 2011
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