Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°12516 |
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Finistère (29)
Combien de fermes demain ?
 

Les chiffres du recensement agricole (RGA) continuent de distiller des données de plus en plus fines. Les analyses effectuées par la Draaf Bretagne mettent l’accent sur une agriculture finistérienne en profonde évolution. Sans pouvoir augurer de son visage de demain.


100 installations en 2011


Ce sont les jeunes qui feront l’agriculture de demain. Évidence ! Mais encore faut-il qu’ils répondent présents. Or, ils sont moins nombreux à faire le choix de l’agriculture si l’on retient le chiffre de 101 installations en 2011, cité lors de la dernière session Chambre d'agriculture par Olivier Billon, président de JA 29 (127 installations en 2010). Si le département reste au-dessus de la barre symbolique des 100 installations aidées, la situation inquiète quelque peu les professionnels qui voient se profiler 4 000 agriculteurs sur le département, soit plus de la moitié moins qu’aujourd’hui (10 500 chefs d’exploitation pour 7 800 exploitations dont 6 200 dites professionnelles). Sachant que 2 570 chefs d’exploitation ont plus de 55 ans, le département affichera à terme une installation pour 5 départs. Aujourd’hui, les 45-50 ans constituent le gros des troupes. C’est donc dans les 15 ans à venir que l’on devrait voir fondre les effectifs de paysans. À moins qu’un sursaut ne vienne rompre cette ligne qui semble toute tracée. « Il y a un problème de vision pour les jeunes », commente Jean-Michel Le Breton, membre de la Chambre d'agriculture, qui au-delà de l’économique, parle aussi de la communication autour de l’environnement (algues vertes) susceptible d’écorner la motivation des jeunes. Sans oublier que les enfants d’agriculteurs, traditionnel gisement des installations, se font moins nombreux sur la ligne de départ. Et l’élu de s’interroger sur le financement des reprises de plus en plus coûteuses. « Qui détiendra le capital demain ? ».


Tendance à abandonner le lait


Yvon Pouliquen fait remarquer que la projection des chiffres doit tenir compte des « comportements » humains. Et de citer l’exemple du lait qui compte 2 900 points de collecte alors que le recensement agricole fait état de 2 100 exploitations spécialisées. « La différence s’explique par des exploitations qui font plusieurs productions et que l’on ne retrouve pas dans la comptabilité des exploitations spécialisées. Cela représente tout de même 30 % des structures qui font du lait. Or, un jeune qui reprend ce type d’exploitation a tendance à abandonner le lait ». Un phénomène à mettre en lien avec la forte astreinte de la production et qui pourrait encore être accentué dans un contexte de prix haut des céréales et d’une révision des aides Pac. En porc et volailles, le renouvellement du parc bâtiment pose question. Quant aux installations, elles se comptent sur les doigts d’une main. « Le Finistère comptait 1 950 exploitations porcines en 2000 ; 1 505 en 2010. Mais, 2 500 exploitations ont encore quelques porcs », cite Louis Biannic, directeur de la Draaf. « En parallèle, on est passé de 245 truies par élevage à 210. La baisse de 16 % des truies s’accompagne toutefois d’une augmentation de 2 % du nombre de charcutiers ». L’indice de vieillissement (+55 ans/ -40 ans) est évalué à 1 en porc (0,87 en lait) par l’administration qui constate que « le renouvellement ne se fait qu’aux deux tiers en porc ». En aviculture, la situation est plus critique. « Les exploitants sont plus âgés que dans les autres structures », souligne L. Biannic en relevant que 27 % des producteurs ont plus de 55 ans. (indice de vieillissement : 1,8)


Menace sur le potentiel de production ?


La présentation de ces chiffres conduit les élus de la Chambre d’agriculture à s’interroger sur le maintien du potentiel de production. « Aura-t-on assez d’actifs pour reprendre les exploitations qui vont arrêter ? », s’alarment-ils. Et de craindre que cette érosion des effectifs ne contribue à isoler le paysan sur son territoire. Reste toutefois à tenir compte du salariat qui a connu une hausse de 14 % en 10 ans dans le Finistère. Elle est aussi là en partie la clé du maintien du potentiel de production. Didier Le Du


 


Photo : Dans les exploitations mixtes, la production laitière fait souvent les frais lors de la transmission.







Meilleur renouvellement en légume
L’indice de vieillissement en production légumière (la proportion des plus de 55 ans comparée aux moins de 40 ans) est le plus faible des grandes productions agricoles finistériennes. Autrement dit, les installations permettent de renouveler les générations : 26 % des légumiers ont moins de 40 ans et 20 % plus de 55 ans. Le Finistère compte 1 727 producteurs de légumes dont 1 104 de légumes de plein champ frais. Pour une surface de 15 510 ha (- 6 % en 10 ans). Le légume destiné à la transformation représente 4 660 ha pour 374 producteurs. 179 serristes gèrent 387 ha de serres. Cette production concentrée dans le bassin de Brest-Guipavas génère l’équivalent de 2 500 emplois dont la moitié sont permanents.



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Décembre 2011
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