
Aujourd'hui, l'horticulture bretonne emploie plus de 6 900 ETP*, soit 28 % des salariés de la production agricole. Depuis 1999, ce nombre est en hausse de 26 %. Environ 4 000 salariés sont en CDI. Parallèlement, le nombre de personnes formées aux métiers de l'horticulture s'amoindrit, avec un perte de 38 % des effectifs en formation entre 2000 et 2008. Si une régression s'observe globalement sur les formations agricoles, elle est moins importante (16 %). À ce peu d'engouement pour la formation horticole, se cumule une insertion des personnes formées plus faible que la moyenne agricole (73 % contre 89 %), avec davantage d'emplois précaires (48 % en CDD ou emploi aidé, contre 15 % en formation agricole globalement).
Recherche de chefs de cultures
« C'est surtout dans les postes à responsabilités que nous avons du mal à recruter (niveau Bac Pro – BTS minimum). Nous recherchons des personnes capables de comprendre la biologie de la plante, de faire des plannings, de gérer une équipe... », expliquent Philippe Martail (producteur de tomate, membre du Cref et administrateur au Fafsea), et Martine Milan (productrice de tomates). En perspective également, le nombre important de chefs d'exploitation qui vont partir à la retraite et qu'il va falloir remplacer. Pour mieux cerner les causes du manque de candidats, les responsables professionnels, réunis au sein du Cref (Conseil régional Emploi Formation de l'agriculture bretonne), ont réalisé une étude, en lien avec les partenaires institutionnels de l'Etat (Direccte, Draaf) et le Conseil régional. « L'un des objectifs était d'analyser les conditions d'accueil et de travail des salariés de l'horticulture », précisent les responsables qui ont, dans l'étude, ciblé le maraîchage, l'horticulture ornementale et la pépinière.
« Occuper l'espace en communiquant »
Une analyse des données statistiques a été prolongée par 20 entretiens auprès de producteurs, de salariés, de centres de formation... Parmi les raisons invoquées au manque d'attirance pour l'horticulture, « le déficit d'image fait partie des points faibles de notre secteur », regrette Philippe Martail. En effet, la communication professionnelle est davantage axée sur les métiers de l'élevage. Davantage de communication fait donc partie des pistes d'actions possibles. Avec notamment des témoignages de salariés, qui selon l'étude, affichent une image positive de leur métier. Ils mettent notamment en avant les horaires, l'environnement et les conditions de travail, la proximité de l'emploi... Parmi les autres voies d'actions dégagées, les professionnels souhaitent « qu'un lien soit maintenu en permanence avec les acteurs relais de l'emploi et de l'insertion. »
Plus de lien avec les employeurs dans les formations
Concernant la formation, elle pourrait être davantage adaptée aux attentes des producteurs et partagée avec ces derniers. Plus largement, les employeurs et les salariés seront encouragés à suivre davantage de formations continues. L'amélioration des conditions d'accueil peut aussi jouer sur l'attractivité (ergonomie, aménagement des locaux, grille des salaires, processus de recrutement et d'accueil...). Certains producteurs ont déjà bien avancé sur ces thématiques, d'autres moins... Agnès Cussonneau * Equivalent temps plein
Photo : Les salariés affichent pourtant une image positive de leur métier.
Les salariés de l’horticulture en bretagne
- Nombre moyen d'UTA (familiaux et salariés) par exploitation : 6,2
- Répartition des salariés : 53 % dans le Finistère, 23 % dans les Côtes d'Armor, 18 % en Ille-et-Vilaine, 6 % dans le Morbihan.
- En 2010, le nombre de CDD varie entre 2000 et 8200 selon les mois, avec un pic en été.
- Les femmes représentent 46 % des salariés en cultures spécialisées, contre 32 % en production agricole.
- L'horticulture représente 6 % des effectifs en formation en production agricole et aménagement.
- La formation des salariés des cultures spécialisées se fait le plus souvent sur l'exploitation.