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Les fondamentaux du marché du maïs et le reste...
 

Cette saison, la demande mondiale de maïs devrait excéder la production de 8 Mt. Alors que nous avions déjà largement tapé dans les stocks en 10/11 (-17 Mt), nous allons alourdir la note de 8 Mt supplémentaires. L’an dernier, ce sont les magasins nord-américains qui avaient été mis à contribution, mais cette année, ils sont quasiment vides. C’est donc à l’Ukraine, à l’Argentine et à certains pays de l’Union Européenne (dont la France) de prendre la relève grâce aux grosses récoltes qui y ont été engrangées. Mais ne nous leurrons pas, le ratio stocks/utilisation mondial à l’automne 2012, devrait s’afficher à environ 14% contre 15.5 % l’an passé et 19% en 08/09... Pourtant, à observer l’évolution du prix de la céréale sur le marché français (185 €/t en moyenne sur novembre), on ne peut pas dire qu’il y ait le feu au lac... Si nous sommes nettement au dessus de la moyenne observée en novembre 2008 et 2009 (respectivement 125€/t et 135€/t), nous restons au dessous de celle de novembre 2010 (205€/t).


Le contexte agricole mondial et les marchés financiers


Pour expliquer cela, il faut tout d’abord  regarder le contexte agricole mondial. On peut observer que le recul des céréales fourragères (maïs et orge) est en partie compensé par des volumes de sous-produits d’éthanolerie de plus en plus importants, mais surtout par une très forte disponibilité en blé fourrager. De nombreux pays ont en effet connu une récolte de moindre qualité et s’alignent sur les rangs des exportateurs. Ajoutons à cela qu’en cette première partie de campagne, les pays de la Mer Noire se relaient pour sortir un maximum de céréales des ports avant que l’hiver ne s’installe et rende la logistique compliquée. Voilà qui appuie un peu plus sur les prix. Mais la faiblesse relative des prix est aussi à interpréter par le poids des marchés financiers. Sur le marché à terme de Chicago, le maïs reste le chouchou des investisseurs, devant le blé ou le soja. Mais force est de constater que les commodités agricoles dans leur ensemble sont boudées par les acteurs financiers depuis la fin du  dernier plan de relance budgétaire américain. Alors qu’en fin d’année 2010, les spéculateurs détenaient l’équivalent de plus de 100 Mt de maïs, ils n’en possèdent plus que 56 Mt aujourd’hui (contre 19 Mt pour le soja et 18 Mt pour le blé). Sans repères qui vaillent, parce que cette crise est sans précédent, les investisseurs font migrer leurs liquidités vers les seuls marchés suffisamment importants pour les absorber (obligations américaines et dollar). Voilà pourquoi, plus que par crainte de voir la consommation baisser avec la récession qui pointe, c’est l’incertitude qui draine l’argent hors des marchés agricoles. Au niveau économique, si les indices boursiers baissent encore, les spéculateurs de court terme peuvent encore réduire la voilure sur les céréales. Et coté fondamentaux, tant que le maïs vaudra le même prix que le blé (ce qui n’est pas arrivé très souvent aux USA), une partie de la demande continuera de glisser de l’un vers l’autre.


Un marché physique déphasé


La question est donc de savoir si 180€/t sur le port de Bordeaux  (4€/t de moins que sur Euronext) est un prix équilibré ? Aujourd’hui, on constate qu’aux USA comme en Europe, le marché physique à tendance à être plus ferme que les marchés à terme. En effet, non seulement la baisse des prix entraîne de la rétention dans les campagnes, mais le recul des cotations est contre-productif. Dès que celles-ci passent au dessous des 6/6.5 $/boisseau à Chicago (177/192€/t), les Chinois passent aux achats. Or une fois la pression de campagne passée, nous allons peut être nous apercevoir que le monde consomme plus que de raison Bien sûr, les intentions de semis aux USA sont très élevées pour la céréale qui remporte la palme de la rentabilité. Mais nous ne pourrons pas continuer à vivre à crédit si un « weather market » se déclenche ou si l’utilisation du maïs pour produire de l’éthanol ne diminue pas en 2012.


 


Photo : Les pays de la Mer Noire se pressent pour exporter un maximum de céréales avant l’hiver qui rend la logistique compliquée.







Un bilan français sujet à révision
La récolte française devrait être augmentée (16 Mt ?) et le taux de collecte peut aussi progresser si les prix deviennent plus rémunérateurs. Cela permettra d’améliorer les stocks de fin de campagne mais aussi d’accompagner une hausse de l’utilisation pour le bétail et les perspectives à l’exportation. Car n’oublions pas que notre maïs est demandé non seulement chez nos voisins du Nord de l’Europe (pour l’éthanol) mais aussi sur l’Espagne pour le bétail. Nous savons aussi nous positionner à l’international, grâce à un prix inférieur à celui des Etats-Unis. La baisse de l’euro face au dollar peut permettre au maïs français de se placer à l’exportation sans trop de discount. Une compétitivité à ne pas perdre de vue.



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Décembre 2011
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