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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°12505 |
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La découpe de poulets bretons, pour l'Europe
 

Quittant Saint-Caradec (22) avec ses 35 salariés, la petite entreprise familiale Boscher construit un abattoir neuf de volailles à Mûr-de-Bretagne, en 1991, pour abattre des poulets entiers, des coquelets, des poules... « L'activité est rapidement menacée et moins de 4 ans plus tard, il faut prendre un nouveau virage en changeant, en moins de 18 mois, plus de 90 % de nos produits et de nos clients ainsi que 80 % des équipements de l'abattoir », explique Paul Lopez, directeur général. Alors que la majorité des abattoirs bretons poursuit dans le poulet entier, Boscher Volailles s'intéresse au marché de la découpe qui se développe, en Europe, à partir de poulets sexés. Cette production n'existait pas en Bretagne. « Nous avons créé les poulets Princior, élevés en sexes séparés et destinés à la découpe. Les femelles sont abattues à 1,7 kg et les mâles à 3,3 kg. Les découpes de poulets sont, par exemple, vendues, sous forme de filets, à Cargill qui fabrique les nugget's pour Mc Donald's ».


Nouvel abattoir en 2008


Cette mutation s'accompagne de la reprise de l'usine, en 1995, par le groupe Glon et de la mise en place du Gaevol. Ce groupement est aujourd'hui constitué de 400 éleveurs pour plus de 700 000 m2 de poulaillers. 180 éleveurs produisent du poulet Princior sur 400 000 m2. En 2000, la reprise des volailles de Keranna à Guiscriff (56) permet de spécialiser les sites. L'abattoir de Mûr reçoit les mâles avec une découpe totale 100 % en ligne et celui de Keranna, les femelles. 
Après 4 ans d'études, Boscher Volailles effectue un autre grand saut. En 2008, à côté du premier abattoir de Mûr-de-Bretagne, l'entreprise en construit un second de 15 500 m2, doté des équipements les plus modernes d'Europe, pour 30 millions €. « Le bien-être des animaux et le confort des salariés ont guidés les choix. Un ergonome a ainsi travaillé à nos côtés pendant 18 mois, pour concevoir les postes de travail les mieux adaptés ».


100 000 poulets découpés/jour


Lumière bleue, anesthésie sous atmosphère contrôlée, accrochage des animaux endormis..., après abattage et éviscération, les carcasses effectuent un parcours de 3 km pour le ressuyage. Elles sont ensuite calibrées, découpées, les filets et aiguillettes sont prélevés et les cuisses désossées. « Nous avons mis en place un système de contrôle des filets par rayons X. L'automatisation a été généralisée autant que possible mais les contrôles finaux restent manuels, notamment pour le parage des pièces et leur calibrage. Plus de 100 000 poulets/jour passent sur ces chaînes et nous réalisons plus de 400 000 contrôles/jour, pour des clients très exigeants ». La fourniture de viandes désossées de poulet aux industriels de la restauration rapide, de la charcuterie et des plats cuisinés, partout en Europe, est le principal métier de Boscher Volailles. Un quart de la production est exportée, en frais, vers les différents pays européens dont l'Allemagne, la Grande Bretagne et l'Espagne. En 20 ans, l'abattoir a multiplié sa production (55 000 t) par 11 et son personnel par 5,5.


Appliquer les mêmes règles


La concurrence est rude dans la découpe de volailles, notamment avec les industriels néerlandais et allemands. « Nous demandons à l'Europe de mieux défendre son aviculture et ses emplois, de mieux appliquer ses règles internes aux importations des pays tiers (environnement, bien-être, sanitaire) », déclare Paul Lopez. « Nous demandons aussi à la France de ne pas rajouter de contraintes nationales supplémentaires. Notre compétitivité est à chaque fois plombée. Dans ce métier, rien n'est jamais acquis. Nous continuons à investir 3 à 4 millions par an pour rester au top, développer notre compétitivité et maintenir l'activité des éleveurs, en Bretagne ». Monique Le Clézio, vice-présidente du Conseil général et Marc Le Fur, député, ont salué le fleuron de l'industrie agro-alimentaire du Centre Bretagne. Dans le Bassin de Mûr-Loudéac-Pontivy, le taux de chômage ne dépasse par 5 %, grâce à des entreprises bâties sur un socle familial puis intégrées dans des groupes dont les centres de décision sont bretons. « Vous avez su évoluer et moderniser  une chaîne d'abattage et de découpe parmi les plus modernes d'Europe. C'est un succès collectif, car vous avez su attirer et fidéliser les jeunes salariés ». Patrick Bégos


 


Photo : L'abattage, l'éviscération et la découpe sont en grande partie automatisés. 70 % du personnel  effectue des tâches de finition et de contrôle.







Le match européen
Un abattoir travaille une matière première vivante. L'automatisation se heurte rapidement à une question d'homogénéité des carcasses. On ne remplace pas la main de l'homme. « 70 % de nos effectifs effectuent des contrôles sur la chaîne », précise Paul Lopez. « A l'entrée en abattoir, nos coûts sont comparables à nos concurrents du nord de l'Europe (Allemagne et Pays-Bas). Mais, ils bénéficient ensuite dans leurs usines, d'une main d'oeuvre moins coûteuse, si bien que leurs produits finis sont en concurrence directe avec les nôtres, chez nos clients français, notamment de plats cuisinés ».  Faut-il aller aller plus loin dans l'automatisation ? « Face à cette forte pression, il nous faut de l'énergie et de la conviction. Nous essayons d'automatiser encore plus, mais, il faut en permanence trouver le meilleur compromis car l'automatisation ne peut pas se faire au détriment de la qualité des produits. Nous devons maîtriser notre rentabilité au centime près dans un contexte réglementaire qui ne cesse de se durcir ».



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Décembre 2011
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