
La production française a connu une période de croissance dans les années 1990, avec près de 16 milliards d'oeufs, en 1999. « Depuis, elle est globalement orientée à la baisse », souligne Pascale Magdelaine, de l'Itavi. « En 2010, 14,4 milliards d'oeufs ont été produits (+ 6 % par rapport à 2009). Par contre, les mises en place de poulettes sont en chute en 2011, (- 26 %), si bien que la production française d'oeufs diminuerait de 9,7 % sur l'année ». Cette baisse est en partie due aux travaux de mise aux normes qui rallongent les durées de vide.
10,2 millions de poules alternatives
La production française se diversifie. Les effectifs de poules élevées en systèmes alternatifs sont estimés à 10,2 millions de poules en 2010, soit 22 % du cheptel. Cette part est en nette progression en 2010 (+15%), en particulier les effectifs de pondeuses bio (+ 17 %). Les poules plein air hors-Label Rouge (4,3 millions) restent majoritaires devant les poules bio (2,3 millions), les poules Label Rouge et les poules au sol (1,8 million pour chaque). Au 1er janvier 2012, la réglementation bien-être s'appliquera à tous les élevages européens de poules en cages. En France, l'investissement des éleveurs dépasse 1 milliard €. Face à cette contrainte, certains ont décidé de cesser leur activité, mais globalement, le potentiel de production devrait peu baisser en Bretagne.
Vigilance aux distorsions de concurrence
Dans les premiers mois de 2012, les œufs français produits en cage devraient donc respecter la directive. « Nous avons fait preuve d'exemplarité au sein de l'Union européenne mais nous resterons très vigilants sur l'application de la directive par les autres pays européens afin d'éviter les distorsions de concurrence intracommunautaires et avec les pays tiers », déclare Françis Damay, président du CNPO. « Il serait souhaitable que, dès le 2 janvier, nous puissions distinguer notre production française auprès de nos clients et des consommateurs d'oeufs ». Les choix diffèrent, selon les pays. Certains, comme l'Espagne, maintiennent une forte production d'oeufs en cage (80 %). D'autres ont fait le choix inverse. L'Allemagne et les Pays-Bas ont opté pour le système alternatif à 85-90 %. Dans les autres pays (France, Royaume-Uni), on observe un basculement avec une légère baisse de la part des poules en cages et une hausse des systèmes alternatifs.
40 % en ovoproduits
Le marché français est segmenté avec des attentes différentes. 40 % des œufs sont achetés par les ménages, en œufs coquille pour la consommation à domicile. 40 % sont transformés en ovoproduits pour les industries agro-alimentaires et la RHD, 14 % sont achetés en œufs coquille pour la restauration hors-domicile et 6 % sont autoconsommés. Les consommateurs privilégient les œufs alternatifs qui représentent en 2010, 33 % des volumes achetés en grande surface (47 % en valeur). La restauration et l'industrie privilégient le prix et la qualité sanitaire, ce qui se traduit par une part assez faible, bien qu'en croissance, des œufs alternatifs sur ces marchés. Patrick Bégos
Photo : Le consommateur privilégie de plus en plus l'oeuf plein air ou bio.
Un déficit en œuf coquille
Globalement, depuis 2002, le secteur œufs et ovoproduits est déficitaire en volume et excédentaire en valeur, avec des évolutions divergentes. La France est importatrice nette d'oeufs en coquille et exportatrice nette d'ovoproduits. Pour 2010, les exportations d'oeufs coquille avoisineraient 35 000 t. pour des importations de 73 000 t. En valeur globale, la France dégage un bénéfice net commercial de 10 à 40 millions € selon les années. Le taux d'autosuffisance global est estimé à 95 % en 2010.