Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°12503 |
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C’est mieux pour la vollaile de chair, mais les enjeux à venir sont cruciaux
 

Les données de recensement de l’agriculture (réalisé en 2010) donnent une première photographie de la production. Les surfaces de bâtiments avicoles de chair en Bretagne représentent 26 % du parc national (soit près de 5 millions de m².) Mais, il ne faut pas oublier la baisse importante de production qu’a subie cette filière. Ces dix dernières années, les surfaces en volailles de chair ont reculé de près d’un quart, soit le plus fort recul après la production de lapins.


Des résultats en hausse


Certes, depuis, la situation des éleveurs a considérablement évolué. En monnaie courante, le résultat moyen des éleveurs était proche de 12 000 € par UTH familiale sur la période 1990-2000. Il dépasse les 19 000 € en moyenne sur la période 2001-2011. Les résultats CER France Bretagne sont en progression régulière sur la période, l’année 2008 marquant un sursaut dans les résultats économiques. Au 1er semestre 2011, le résultat courant moyen est de 31 000 € par UTH familiale, pour des exploitations spécialisées, soit le plus haut niveau atteint par le passé. Il dépasse même les 60 000 € en moyenne pour le quart des éleveurs les plus performants. Ce bon niveau de résultat s’explique largement par une conjoncture favorable à la production. Les marges brutes progressent tant en poulet qu’en dindes : 31 € / m² en poulet léger, 32 € en poulet standard et 30 € / m² en dindes. Mais, il faut également tenir compte du faible niveau des investissements et donc, de moindres amortissements. Le vieillissement des bâtiments pose la question du renouvellement du parc qui est, à juste titre, un sujet de préoccupation majeur pour la filière. Ce n’est pas le seul !


Des arbitrages à réaliser


Structurellement, la filière doit arbitrer entre le développement de ses marchés à l’exportation, et tenter de juguler les importations, dont le niveau est en augmentation régulière, tant en provenance de l’Union que des pays tiers. Dans ce cadre, tout facteur d’accroissement de la compétitivité nationale est à rechercher. Ce serait compter sans l’application de la directive bien-être en poulet de chair depuis juillet 2010… En pratique, l’an passé, les effets sont peu visibles sur les marges. Les éleveurs se sont adaptés. Ils ont parfois dû replier leur production sur des poulets plus légers. Un paradoxe lorsque le constat des élevages les plus performants incite à maximiser la production par m² ! En poulet standard par exemple, pour une marge brute moyenne à 32 € / m², le poids produit par m² est de 258 kg. Le quart des éleveurs le plus performant, qui dégage une marge de 43,40 €/ m ², atteint 290 kg/ m².


Un projet à définir


Tout n’est pas rose non plus du côté des industriels. En témoigne le rapport de France Agrimer sur la « compétitivité des filières blanches françaises dans le contexte de l’Union européenne. » Une fois de plus, ce rapport pointe un certain délitement des filières françaises, comparativement au dynamisme de l’Allemagne. Les atouts français existent : savoir-faire de la filière, bonnes performances techniques en élevage, coûts de revient compétitifs. Cependant, la question majeure soulignée par ce rapport, reste celle de la définition d’un projet, d’une politique nationale concertée entre tous les acteurs qui fasse consensus sur deux questions majeures. D’une part, l’environnement : comment envisager un plan de modernisation des bâtiments qui concilie un impact moindre sur l’environnement et une plus grande productivité ? D’autre part, l’objectif économique : souhaite-t-on maintenir voire développer une filière d’exportation ? Quels sont les objectifs en termes d’emplois agricoles, d’emplois industriels ? Des questions auxquelles il conviendra de répondre rapidement au risque de pénaliser la compétitivité. Anne-Lucie Menier / CER France Morbihan


 


Photo : Les résultats des aviculteurs bretons s’améliorent. Dans le même temps, le parc de bâtiments vieillissant risque de pénaliser la compétitivité des élevages et de la filière.


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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Décembre 2011
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