
Une seule visite dans un élevage de Loire-Atlantique a suffit à convaincre Olivier Perrot, de la Sarl 3 P, à Troguery (22), de l'intérêt d'équiper son élevage d'un module nurserie indépendant de 400 places. Le passage d'un sevrage à 21 jours, toujours en 7 bandes, a été l'occasion de modifier la conduite du post-sevrage. Depuis un an, tous les lots de porcelets (7231 porcs sevrés sur un an) passent 3 semaines, après le sevrage, dans ce local parfaitement isolé où la température monte très vite à 29°C, et s'y maintient, sans chauffage. Catherine Riou, responsable des économies d'énergie dans le milieu agricole, à EDF, a effectué des mesures dans trois élevages déjà équipés des modules. « Dans un post-sevrage classique, il faut compter 10 kWh par porcelet pendant ses 4 premières semaines (chauffage et ventilation). A la Sarl 3P, la consommation électrique est de 0,003 kWh/ porc pendant les 3 semaines du séjour. Ces mesures confirment les résultats enregistrés dans les deux autres élevages : 0,026 kWh/porc pendant 4 semaines (élevage du 44) et 0,04 kWh à l'EARL du Bois Joli, à Plaintel (22), pendant 5 semaines de séjour ». La Sarl 3P économise ainsi 79 000 kWh par an, soit 6300 euros. Ou encore, 15 tonnes de CO2 évitées chaque année. Ces performances énergétiques sont permises par l'isolation du module (bois à l'extérieur, isolant, résine époxy à l'intérieur) et l'absence de contact au sol. La turbine à faible perte de charge pousse l'air dans le Sas après filtration. L'air entrant se mélange à l'air ambiant et ressort par la porte, en face (boîtier de régulation de ventilation classique). Le volume intérieur est dimensionné pour des porcs de 5 à 15 kilos, séjournant 3 à 5 semaines. L'absence de porosité des parois (résine) évite de chauffer pour déshumidifier. « Sur une année, seuls trois lots ont bénéficié d'un peu de chauffage, à l'entrée, essentiellement la nuit, lorsque les températures extérieures étaient négatives. Le bâtiment s'équilibre avec les apports internes de chaleur des animaux ». La ventilation moyenne enregistrée est de 39 m3/h/100 kilos de poids vif.
Aliment blanc
Le module fonctionne en tout vide, tout plein. « Les porcelets entrent à 5,8-6 kilos de moyenne », indique Yoann Even, responsable d'élevage de la Sarl 3P. « Ils sortent à 40 jours pour intégrer les salles de pré-engraissement. Depuis l'acquisition de la nouvelle nurserie, les porcs entrent en engraissement (sur un site extérieur) avec 2 kilos de plus, en moyenne, au même âge ». L'éleveur insiste sur la facilité de conduite. « Après chaque lot, le module est remis à neuf. Tout est lavé, de la fosse au plafond, (lit d'eau en fond de fosse) ». Les porcelets consomment un aliment blanc. « Nous effectuons seulement un traitement préventif de trois jours de colistine, à la pompe doseuse, juste après le sevrage ». Le montant de l'investissement s'élevait à 200 euros par place. Les interrogations sur la durée de vie des modules font sourire le fabricant (société Action, Bâtiment, Santé). « Ces nurseries sont utilisées sans problèmes dans l'Iowa, depuis 20 ans, avec des températures extérieures bien plus extrêmes qu'en Bretagne ». Bernard Laurent
Photo : L’intérieur de la nurserie, après lavage et désinfection. Un module, comme neuf, à l’entrée de chaque bande.
Maternité du futur à Guernévez
Une maternité de 28 places économe en énergie verra le jour en 2012 à la ferme expérimentale de Guernévez. Selon Frédéric Kergourlay, ingénieur d'études à la Chambre d'agriculture, le nouveau concept doit garantir les performances animales et maintenir un bon niveau sanitaire, à un coût acceptable. Le projet prévoit de réduire les consommations d'énergie. L'isolation du bâtiment (bien exposé) sera renforcée (murs et toiture). Le chauffage du coin à porcelets sera fera à l'eau chaude, avec ou sans nid. Des nids faciles à laver pour ne pas augmenter la charge de travail (température de la salle à 18-20°C). La chaleur extraite du bâtiment sera récupérée (échangeur air-air). Des ouvertures (fenêtres et puits de lumière) exposées au sud permettront de valoriser l'énergie solaire (chaleur et lumière). Des panneaux solaires thermiques couplés à une pompe à chaleur fourniront l'énergie nécessaire au chauffage de l'eau.