« On ne doit pas être des consommateurs de coopératives mais des acteurs ! », a lancé Patrick Ramet, de la FNPL, lors de la journée nationale des Jeunes agriculteurs consacrée au secteur laitier. « Etre coopérateur, c’est un engagement supplémentaire ».
Retour sur investissement
« Moi, je ne vois pas beaucoup de retour de dividendes dans les coopératives », souligne Daniel Condat, président de l’OPL (Coordination Rurale). « Si un producteur agricole va à sa coopérative pour sécuriser son approvisionnement, il en est aussi actionnaire », explique Patrick Ramet. « Il devrait être exigeant quant au résultat de sa coopérative ». « Je côtoie des coopérateurs qui me disent qu’ils ne savent pas grand-chose », insiste Daniel Condat. Même constat pour Yves Sauvaget de la Confédération Paysanne. « Vu les dimensions qu’atteignent les coopératives, les paysans ont du mal à s’y retrouver », constate-t-il. « Dans certaines régions, on n’est pas coopérateur par choix mais parce qu’il n’y a pas d’autres alternatives », souligne-t-il. « Il faut que la place des producteurs dans les coopératives réapparaissent », insiste-t-il.
« Lorsqu’on évoque 720 millions d’euros de plus-value chez Yoplait, il y a des choses que je ne m’explique pas », lance Daniel Condat. « J’en traduis qu’il faut un rapport de force entre les producteurs et les coopératives comme avec les entreprises privées », conclut le syndicaliste. Gilbert Keromnès, de la coopérative Laïta, constate que « beaucoup d’adhérents ne viennent pas aux réunions d’informations organisées pour les producteurs ». « Chez Laïta, on sort d’une série de réunion avec les producteurs, d’assemblées générales de section, de réunions intermédiaires », précise-t-il. « Est-ce que vous avez 40 % de participation à vos AG syndicales ? », questionne Damien Lacombe de Sodiaal.
La gouvernance des coopératives selon les JA
« Il faut rétablir le lien entre les coopérateurs et la coopérative », soulignent les Jeunes agriculteurs. Le syndicat « sera force de proposition auprès de la FNPL et de la FNCL pour lancer une nouvelle dynamique entre les producteurs et leurs coopératives, et faire en sorte que les coopératives s’insèrent pleinement dans la construction des politiques de bassins ». A ce sujet, Henri Hedouin, d’Agrial, voit mal une « coopérative qui est une organisation de producteurs adhérer à une organisation de producteurs transversale de bassin ».