
Cet élevage d’Els Alamus, géré par José Ramon Sainy de la Massa, conduit 1 000 génisses en pension pour un objectif de vêlage à 24 mois. Mais dans les faits, l’âge au vêlage est plus proche des 22-23 mois. Coût annoncé pour 18 mois de présence : 1 100 € par génisse. « Nous avions essayé d’inséminer plus jeune, mais les génisses n’étaient pas très fertiles après une ou deux chaleurs. De plus, nous avions certains animaux qui n’étaient pas assez développés », fait observer le chef d’élevage qui devait utiliser davantage de doses pour remplir les animaux. « Et donc un coût supplémentaire ».
Aujourd’hui, les inséminations démarrent à partir de 13,5 mois d’âge, après que la génisse ait exprimé 3 ou 4 chaleurs. « Il faut compter 1,3 à 1,4 IA par gestation », indique José Ramon Sainy de la Massa qui souligne que les chaleurs sont détectées par un podomètre placé sur le pied avant de l’animal. « La surveillance reste néanmoins nécessaire car l’appareil n’est pas fiable à 100 % ».
Ration à base de méteil
Dans cet élevage, tout est pensé et appliqué pour bien préparer la génisse à sa future carrière de vache laitière. Le programme alimentaire des animaux est respecté à la lettre pendant les 18 mois de pension. « Les génisses arrivent à 5-6 mois d’âge. Tous les mois, elles changent de lot pour constituer des bandes homogènes ». À leur arrivée dans cet élevage, les génisses reçoivent du foin de luzerne complété de concentré. Objectif : assurer le développement de la panse tout en veillant à une bonne couverture des besoins énergétiques et azotés. « Au deuxième mois, nous supprimons les concentrés », explique l’éleveur. À partir des 7-8 mois d’âge, les génisses reçoivent une ration composée de 70 à 80 % d’ensilage de méteil et d’un peu de maïs (1 à 2 kg), complétée de drèches de brasserie. « Elles continuent de recevoir un peu de foin de luzerne pour l’apport de libre grossière », poursuit José Ramon Sainy de la Massa, en mettant également l’accent sur l’équilibre minéral. Lors de la préparation au vêlage, les génisses sont menées en trois groupes en fonction de leur développement et de leur état d’engraissement. « Les croisées ne sont pas élevées avec les pures holstein car plus sujettes à l’embonpoint ». Didier Le Du
Photo : Les génisses sont élevées en semi plein air.
Le jeune âge n’est pas un obstacle
« L’âge à la puberté est bien plus lié au développement corporel de l’animal qu’à son âge. Ainsi une puberté précoce peut être atteinte avec un sevrage précoce et une ration à haut niveau de concentrés », indique dans une étude Yannick Le Colzer, chercheur enseignant à Agrocampus Rennes. Et de préciser que « pour un objectif d’âge au vêlage à 24 mois, il est tout à fait possible d’élever des génisses de 4 à 12 mois au pâturage et d’obtenir sur cette période des croissances identiques à celles observées avec des régimes plus riches ». Les performances à long terme (production, reproduction, longévité) sont meilleures chez les animaux nourris à base d’herbe. « En pratique, les taux de croissance doivent être modérés avant la puberté, mais peuvent être élevés entre la puberté et la première insémination, sans problème majeur ».