
Passés en agriculture biologique en 2000, les membres du Gaec de Guimbert (Bains-sur-Oust) avaient jusqu'alors laissé un peu de côté les problèmes de cellules, cherchant plutôt à réaliser le quota, conforter le foncier et mieux organiser le travail. Cette année, ils se sont attaqués à ce problème sanitaire qui leur coûtait chaque année entre 3 et 4 000 euros de pénalités (moyenne cellules dans le tank entre 250 et 300 000 cellules). Enclins à la formation, en groupe notamment, ils ont participé à une journée sur la qualité du lait. « Nous avions nos explications, la journée nous a permis de faire le point et de cadrer l'action. Nous savions qu'il y avait des réformes à faire, mais nous avons aussi mis en évidence que toutes les vaches étaient un peu concernées, sans qu'il y ait de fortes mammites avec fièvre », précise Bruno Martel, qui a suivi la journée en décembre 2010.
Plus de rigueur en salle de traite
Mal respecté pendant des années, faute de temps, le protocole de traite a été amélioré. « Aujourd'hui, nous réalisons un prétrempage, puis l’essuyage de la mamelle avec une lavette individuelle humide essorée. Les lavettes sont lavées à 90°C après chaque traite », décrit Julie Collin Renard qui a rejoint les deux associés Bruno Martel et Jean-Marc Riot sur l'exploitation. Un apport de main-d'œuvre qui permet de mieux gérer les vaches. « Nous examinons systématiquement les premiers jets, pour détecter précocement les mammites. Après la traite, nous réalisons un trempage avec mousse. » En cas de problème de mammites, les producteurs n'attendent plus avant de traiter et les vaches sans cesse infectées sont réformées (une dizaine sur un an).
Un assistant de traite
Autre dispositif en place sur l'élevage, permettant de gérer plus facilement le sanitaire : un assistant de traite relié aux puces électroniques sur les vaches. « Nous pouvons mettre des alertes qui apparaissent sur l'écran en salle de traite : vache en mammite, douteuse, surveiller un quartier, boiterie, chaleur, longue à traire, tarissement avec ou sans traitement... », explique Bruno Martel. Le Gaec travaille actuellement sur la mise en place d'alertes automatiques après le passage du contrôleur laitier ou en lien avec le cahier sanitaire. Dans la stabulation, la centaine de logettes (tapis caoutchouc) est nettoyée quotidiennement par Julie, une tâche qui lui demande environ une heure de travail. « J'enlève sur 50 cm la litière souillée et remet un tapis de paille. Le racleur automatique est également passé plusieurs fois par jour, plus qu'avant. » Au final, les pattes et mamelles des vaches sont plus propres, et du temps est gagné à la traite.
Toutes les mesures mises en place ont permis aux éleveurs de faire passer la moyenne cellules sous le palier des 200 000. « En comptage individuel, tout le troupeau a baissé. » Une satisfaction pour ce Gaec qui évolue positivement pas à pas. Prochain challenge : gagner en autonomie fourragère. Agnès Cussonneau
Photo :« Un assistant de traite (écran au fond) nous aide à gérer le sanitaire » note Bruno Martel.
Cellules : comprendre sa situation pour agir efficacement
Des journées concernant la qualité du lait sont organisées par la Chambre d'agriculture 35, Bretagne Conseil Elevage 35 et le GDS 35, en partenariat avec les laiteries et avec une participation financière du Conseil général. Ces journées abordent plusieurs thèmes : Comment expliquer ma situation leucocytaire ? Quelles mesures adopter ? Quelles conséquences peuvent avoir des modifications de pratiques ? Exemple d’analyse à partir d’un cas concret. « Les participants peuvent identifier le problème de cellules ou de mammites dans leur exploitation, reconnaître les facteurs de risques et élaborer un plan d'actions », explique Guillaume Migault, conseiller Chambre 35 et coordinateur des journées. Dates par secteur : Saint-Ouen-des-Alleux : 15/12/11 - Rennes : 12/01/12 - Guipry : 26/01/12 - Saint-Brice-en-Cogles : 9/02/12 - Combourg : 23/02/12. Participation gratuite, déjeuner offert. Inscriptions : Tél. 02 23 48 26 80 E-mail : sylvie.toinel@ille-et-vilaine.chambagri.fr.