
« Les signes officiels de qualité sont fiables et recueillent la confiance des consommateurs », déclare Josiane Guyader, présidente des Fermiers d'Argoat. Le Label Rouge (LR) s'appuie par exemple sur 2 niveaux de contrôle : le contrôle interne réalisé par l'ODG et le contrôle externe par l'organisme certificateur Certis. « Ces deux niveaux sont un gage vis-à-vis de nos consommateurs. Dans d'autres régions de France, on observe plus de souplesse, ce qui peut créer des distorsions de concurrence ». Ces derniers mois, la production de volaille standard s'est engagée dans une démarche marketing de communication. « Nous souhaitons qu'au niveau national, une action de communication de grande envergure soit également mise en place pour les signes officiels de qualité », poursuit la présidente. « Nous sommes résolus à nous engager durablement dans la défense du Label. Nous devons être collectivement bons ».
Tassement en volailles
En volailles de chair Label Rouge, le marché national a une tendance baissière de -3 %. Les Fermiers d'Argoat ont mis en place 3,7 millions de volailles en 2010, soit 4,37 % de moins que 2009. De fortes pressions sont exercées sur les prix, 60 % des volailles Label françaises seraient écoulées lors des promotions. Contrairement au poulet standard, le pourcentage de découpe est trop faible en Label (23 % au niveau national). Le produit phare reste le poulet entier alors que la demande du consommateur privilégie les découpes. « La part de marché des volailles Label bretonnes dans le grand Ouest n'est que de 30 %, ce qui laisse la place aux entrées de volailles d'autres régions », souligne Eric Toulgoat, vice-président. L'objectif a été fixé à de 40 %. L'autre difficulté concerne le déséquilibre entre la demande d'hiver (45 000 poulets/semaine) et celle d'été (100 000/semaine). « Pour maintenir des durées de vide correctes, il faut jongler dans les plannings en produisant d'autres types de volailles ». Les performances technico-économiques des élevages bretons seraient également plus faibles que celles d'élevages de régions proches comme la Vendée.
Une niche, en porcs
« En porcs, la production LR est quasiment stable mais les porcs sous signe de qualité représentent moins de 3 % de la production porcine française » déclare J.P. Duval, président de la section. La période d'adaptation des volumes de porcs LR par rapport aux besoins commerciaux est terminée. « Il s'agit plus que jamais d'un marché de niche, tourné vers le haut de gamme. Nous devons faire toujours mieux en qualité, tout en maitrisant les coûts, pour ne pas être marginalisés par rapport au conventionnel ». 138 000 porcs LR et fermier LR, sont produits sous cahier des charges Fermiers d'Argoat, soit 20 % de la production nationale. Patrick Bégos
Photo : La demande de volailles fermières double en été par rapport à l'hiver, ce qui complique les plannings.
Progression en œufs
En 2010, plus de 49 millions d'œufs ont été produits sous cahier des charges Fermiers d'Argoat contre 45 millions en 2009. Les œufs LR (22,4 millions) et les œufs bio (20,8 millions) sont en progression alors que le plein air ( 6 millions) est en chute. La mise aux normes des élevages bio, avec notamment la baisse des densités de 9 à 6 poules/m2, entraînera une évolution de la taille des élevages.