Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Autres productions | Article n°12479 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Coup de semonce des producteurs d'œufs
 

« C'est la plus grande crise que nous connaissons depuis 20 ans. Si les GMS ne font rien, c'est toute une profession qui meurt. L'augmentation des prix des matières premières non répercutée nous étrangle ». Ces réactions de producteurs d'œufs du Grand Ouest échangeant avec les consommateurs dans les grandes surfaces de Nantes montre le désarroi. Une manifestation a été organisée par l'UGPVB, la FRSEA et JA Ouest. La colère des producteurs fait suite à l'analyse des marges de la filière.


Perte de 80 millions € pour les producteurs


Les grandes surfaces vendent l'œuf standard 0,19 € aux consommateurs. Cet œuf est payé 0,10 € au Centre de conditionnement. Pour le producteur, le prix de vente moyen contractualisé est de 0,064 €. « Les grandes surfaces prennent une marge de 9 ct par œuf alors que le producteur ne perçoit que 6,4 ct », s'insurge Yves-Marie Beaudet, président de la section œufs de l'UGPVB. En s'appuyant sur le chiffre d'affaires œufs des GMS (800 millions €), les producteurs estiment qu'elles dégagent une marge minimum de 240 millions € sur les œufs. Côté producteurs, la perte serait de 80 millions €, compte tenu de la hausse des coûts de production de 1,62 ct/oeuf. La hausse du coût de production de 1,62 ct correspond à l'impact de la mise aux normes, à la hausse de l'aliment de juin 2010 à septembre 2011, à l'incidence de l'aliment sur le coût de la poulette et à la hausse du prix du transport. « L'absence de répercussion des coûts de production, c'est, à très court terme, la faillite des centres de conditionnement d'œufs français et la disparition de bon nombre de producteurs incapables de tenir longtemps en l'absence de compensation de leurs  coûts », estime Yves-Marie Beaudet. Le producteur doit en effet intégrer dans son prix de revient, l'augmentation du prix des céréales (70 % du prix de revient) et les coûts de mise aux normes bien-être (25 €/poule en cas de reconstruction totale et 16 €/poule pour une simple rénovation et changement de cage).


Demande de 1,62 € pour 100 œufs


Les producteurs sont d'autant plus exaspérés que les grandes surfaces qui n'ont pas réévalué le prix d'achat à la production, ne se sont pas gênées pour augmenter le prix de vente aux consommateurs. Sur la période de février 2010 à septembre 2011, le prix de la boîte de 12 œufs est passé de 1,95 € à 2,05 €. Novembre est le mois où les contrats se négocient pour l'année suivante. « Nous demandons une hausse de 1,62 ct par œuf, prise sur la marge des distributeurs, donc sans augmentation des prix pour le consommateur », déclare Y.M. Beaudet. « Fin novembre, seules quelques enseignes ont accordé des augmentations, très insuffisantes. D'autres les refusent avec mépris », confient les responsables professionnels présents à Nantes. Patrick Bégos


 


Photo : Les producteurs ont distribué des œufs et échangé avec les consommateurs, dans les grandes surfaces de Nantes.

 





Baisse des mises en place
Premier producteur d'œufs en Europe, la France est en perte de vitesse. On observe, en France,  un recul des mises en place de poulettes de 31 % au 1er trimestre 2011, par rapport au 1er trimestre 2010. Cette baisse est en partie liée aux travaux de mise aux normes mais elle traduit aussi une démobilisation des éleveurs. En Allemagne, les mises en place sont en hausse de 5,9 %.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Décembre 2011
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)