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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°12478 |
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Trop de freins administratifs à la restructuration
 

« J'ai récemment sevré 13,4 porcelets de moyenne sur une bande de 50 truies. L'une d'entre elles a sevré ses 17 porcelets ». Les propos de Christian Bourget , sélectionneur Landrace, donnent le ton. Les élevages conventionnels profiteront rapidement de ces formidables progrès de la génétique. Les programmes de sélection visent à diminuer le nombre de morts nés, les pertes sous la mère, et à homogénéiser les porcelets en poids de naissance. La génomique, qui révolutionne déjà le monde de la sélection bovine, permettra d'augmenter l'efficacité de la sélection sur la majorité des critères recherchés (efficacité alimentaire, santé, qualité des viandes...). « C'est très bien », confie Michel Bloc'h, président de l'Union des groupements, « mais à quoi bon progresser sur tous ces paramètres et sevrer 13 porcelets par truie si l'administration empêche les éleveurs de restructurer leurs ateliers. Le critère le plus discriminant entre éleveurs, qui sont de bons techniciens, c'est la cohérence des bâtiments ». Le fait, notamment, de devoir engraisser ses charcutiers sur des sites extérieurs. Souvent vétustes ou mal disposés pour respecter les règles élémentaires de biosécurité, ils ne permettent pas de profiter du potentiel génétique des animaux. Les surcharges, notamment en post-sevrage (PS), poumon de l'élevage, sont pénalisantes.


Les solutions techniques existent, mais...


Le sanitaire constitue pourtant un enjeu majeur, en terme économique mais aussi en terme d'acceptation sociétale et de consommation de viandes. « Le plus important, c'est ce que pense le consommateur », assure David Brillouet, de l'Afab (fabricants d'aliments). « Il faut qu'il ait une image positive de l'élevage de porcs, sinon nos 40 sevrés par truie nous resteront sur les bras ». Cette référence à la récente directive ministérielle de réduction de l'usage des antibiotiques fait réagir Thierry Coué, représentant les « fafeurs », et, par ailleurs, syndicaliste. « Le politique doit nous donner les moyens d'y arriver, en nous aidant à financer les aménagements des bâtiments et en facilitant l'instruction des dossiers de restructuration », rejoignant ainsi Michel Bloc'h, qui ajoute : « Techniquement, si je pouvais refaire mon élevage, j'équiperais mes engraissements de racleurs ou de fosses peu profondes pour pouvoir les laver ». L'éleveur a déjà supprimé le stockage de lisier sous les cases de maternité et dans les salles de PS. Christian Bourget renchérit : « La filtration de l'air dans les élevages conventionnels doit être envisagée. Je ne comprend pas qu'elle ne soit jamais évoquée pour éviter les problèmes sanitaires et le recours aux médicaments. Le retour sur investissement est réel », assure le sélectionneur, équipé depuis une quinzaine d'année d'une filtration de l'air à l'entrée de ses bâtiments. Difficile cependant à envisager massivement chez les conventionnels, le recours aux actions de dépeuplement-repeuplement étant inévitable pour une bonne efficacité de l'opération.


Aliment plus performant et moins cher


Le représentant des fabricants d'aliment assure que les industriels travaillent sur le sujet depuis quelques années. « Diminuer le stress oxydatif, le stress inflammatoire ; trouver des solutions naturelles pour diminuer le recours aux antibiotiques ». Ils poursuivent leurs travaux pour augmenter l'efficacité des aliments et répondre aux besoins toujours plus pointus des animaux. « Tout en visant un aliment le moins cher possible » en évaluant les co-produits, en innovant sur les procédés de fabrication et en optimisant le travail dans les usines. Bernard Laurent


 


Photo : De droite à gauche : Brigitte Landrain (Chambre agriculture) et Paul Auffray ont animé un débat sur l'évolution des performances (voies d'amélioration) à la journée technique sur l'optimisation des performances, la semaine dernière à Loudéac, avec Christian Bourget (agence de sélection), Thierry Coué (Airfaf), Michel Bloc'h (UGPVB) et David Brillouet (Afab).


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Décembre 2011
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