
Dans le cadre d’une communication sur les systèmes fourragers et l’autonomie alimentaire, la Chambre d’agriculture organise 4 journées axées sur la culture et l’utilisation de la luzerne dans la ration. « Il s’agit au cours de ces journées de s’appuyer sur des témoins qui ont du recul », précise Jean-Claude Chasseboeuf, élu à la Chambre. C’est le cas d’André Jamet, producteur de lait à Merdrignac. Il a fait ce choix, il y a une dizaine d’années. « Je voulais produire le maximum de protéine sur l’exploitation », explique l’éleveur qui conduit un troupeau Normande. Il exploite 106 ha dont 3,50 ha de luzerne qui participe à l’équilibre de la ration hivernale à base de maïs, distribuée sous forme de foin ou d’enrubanné.
Soigner l’implantation
Il fait donc profiter de son expérience en mettant l’accent sur les atouts de la réussite. « Cela commence par l’implantation », insiste André Jamet. D’abord le sol, dont le pH doit être au minimum compris entre 6 et 6,5. Il privilégie le semis de printemps. « à partir du 15 avril sur un sol bien ressuyé ». Rappelant qui faut faire le bon choix dans les parcelles : non asphyxiantes, bien draînées, pas encombrées de haies à hautes tiges. Exigence aussi sur la façon culturale. « Le semis de printemps permet d’éviter le salissement avec une première coupe rapide de nettoyage. L’idéal est toutefois de faire un faux semis ». Il faut ensuite viser une terre fine, bien nivelée pour effectuer un semis régulier et peu profond, « comme une prairie », en rappuyant bien le sol. La protection de la semence par un enrobage (à l’abri de la lumière) est également indispensable. Le chaulage et l’apport de potasse (220 unités par an) suffisent à la culture. Un désherbage au semis en première année permet de limiter la concurrence des adventices.
Une ration mieux valorisée
Dans de bonnes conditions, la culture lui permet un rendement de 12 tonnes par ha et par an, sur 4 à 5 coupes. L’aspect climatique est évidemment le facteur important d’une récolte de qualité. Il faut donc viser les fenêtre de beau temps sur 2 ou 3 jours pour une récolte en foin ou en enrubannage. L’éleveur évolue dans un système plutôt herbager. « Le maïs constitue 28 % de la ration des vaches laitières. En 2011 le silo a été fermé pendant 90 jours ». La luzerne est destinée à la complémentation de la ration de maïs. « 3 kg de MS de luzerne permettent d’économiser 1 kg de correcteur ». Mais paradoxalement ce n’est pas à ce niveau qu’il estime tirer le plus de bénéfice de l’introduction de la luzerne dans la ration. « On reprend l’envie d’observer son cheptel qui rumine mieux et assure une meilleure valorisation de la ration de base. Et surtout on élimine une bonne partie des problèmes métaboliques », conclut André Jamet. Pierre Dénès
Photo : Pour Jean-Claude Chasseboeuf, éleveur à Gomené, membre de la Chambre d’agriculture, et André Jamet éleveur à Merdrignac, les vertus de la luzerne sont incontestables.
Journées production fourragère et autonomie alimentaire
- Le 13 décembre 2011 chez Pascal Costiou Crec’h imot à Caouënnec.
- Le 14 décembre 2011 chez Léopold Beuve Le Gros Chêne à Meslin.
- Le 15 décembre 2011 chez Patrick, Jeannine et Mickaël Le Gall Quenevidu Le Vieux Bourg.
- Le 20 décembre 2011 au GAEC de la Brousse à Broons. Fléchage à partir du bourg.
- Accueil à 10h30 chez l’exploitant. Journée gratuite hors repas. Inscription pour le repas du midi auprès de Claudine Le Maux au 02 96 79 21 77.
Ces journées sont organisées en collaboration avec les Bassins versants du Jaudy-Guindy-Bizien, du Gouët, du Gouëssant et de l’Arguenon.