
Depuis 15 ans, Thierry Thomas, éleveur à Berrien (29), utilise l'insémination artificielle, « essentielle pour progresser en génétique ». Sur les 75 vêlages réalisés chaque année (vaches + génisses) sur l'exploitation, 90 % sont issus d'IA. Au fil des années, le format a été développé, « aujourd'hui, je souhaite apporter de la musculature. » Utopique, Rural, Rare, ou encore Natur sont des taureaux bien présents dans l'ascendance des veaux de l'élevage, même si l'éleveur n'hésite pas à diversifier les origines. La facilité de vêlage, les qualités maternelles, la docilité sont également des critères sur lesquels Thierry Thomas est particulièrement attentif.
Des vêlages concentrés
S'agissant de l'organisation, les vêlages sont partiellement groupés : la moitié sur les deux mois de septembre et octobre, et l'autre moitié jusqu'à fin janvier-début février. Les inséminations sont donc effectuées pendant l'hiver – cette année du 1er décembre au 15 avril - alors que les vaches sont en bâtiment. La détection des chaleurs est facilitée par un bâtiment clair, en aire paillée, avec de l'espace. Avoir davantage de vaches à venir en chaleur en même temps permet également de favoriser leur expression. Ne disposant pas de cornadis, l'éleveur a adopté une technique originale pour isoler les vaches à inséminer : il utilise le lasso, puis les attache à une barrière dans l'attente du passage de l'inséminateur. L'élevage affiche une bonne réussite en première IA, proche de 70 %. « Je réalise au maximum trois IA par vache (la troisième étant gratuite). Le taureau s'occupe du reste », explique Thierry Thomas. Les vaches sont conduites en deux bandes, avec un taureau pour chaque groupe, présent en permanence. Toutes les réformes font un veau avant de quitter l'exploitation. « Ces veaux sont vendus à trois semaines au Marché au cadran (Mol). Un à deux mois après, les vaches sont commercialisées sous Charte qualité Carrefour par l'intermédiaire de SVA Jean Rosé », précise le producteur.
Vente de taureaux reproducteurs
Les veaux femelles naissant des vaches gardées sur l'élevage sont élevés pour le renouvellement. Les quinze meilleurs broutards sont gardés pour la vente de repro. « Sept ont été vendus en 2009, et neuf en 2010, les autres partent à la boucherie. » Côté femelles, l'éleveur compte davantage réformer cette année, avec 28 génisses gardées pour la reproduction. « Le but est d'avancer encore en génétique ». Les veaux restent 8 à 10 mois sous la mère. Le temps de profiter des qualités maternelles des vaches, dont la quantité de lait s'est largement accrue ces dernières années. Agnès Cussonneau
Photo : Thierry Thomas compte davantage réformer cette année, « le but est d'avancer encore en génétique. »
L'EARL Thierry Thomas
Thierry Thomas s'est installéen 1988, en vaches allaitantes uniquement au départ. En 1991, un atelier avicole a été ajouté
sur l'exploitation. Le système s'appuie sur une SAU de 86 ha, dont 13 ha de maïs ensilage et 73 ha d'herbe.