
Les vieilles prairies sont un excellent précédent pour le maïs en agriculture biologique. Elles le sont aussi pour le légume industrie. Depuis deux ans, la Cecab accentue ses efforts de prospection pour produire des légumes (pois, haricots) en bio. La coopérative souhaiterait profiter des récentes et nombreuses conversions d'exploitations laitières pour développer sa production, encore embryonnaire : 1 700 tonnes en Bretagne, et répondre à une demande en forte augmentation.
« Les éleveurs qui peuvent consacrer 3 à 4 hectares nous intéressent », indique Benjamin Autret, technicien à la Cecab. Encore faut-il qu'ils soient quelques uns dans le même secteur. Logistique oblige. La diversification semble intéressante. « Nous offrons de la lisibilité au producteur en contractualisant. Le débouché est assuré et le prix est garanti sur 3 ans ». Les marges en pois et en haricot avoisinent respectivement 1 500 et 2 000 euros en moyenne, par hectare. Le suivi technique est également proposé. Les principaux problèmes rencontrés sont le désherbage et le développement du sclérotinia. « Pour le désherbage, le matériel utilisé est classique et bien connu des bios : herse étrille et bineuse. La période d'implantation (mi-juin) est propice à la technique du faux semis. Concernant la principale maladie, le fongicide Contans (champignon antagoniste, qui se nourrit du sclérotinia), est agréé en agriculture biologique ».
Rotation de 7 ans
Les laitiers ne sont, bien entendu, pas les seuls à produire du légume industrie en bio. Jean-Louis Le Roch, producteur bio à Ménéac depuis 1996, livre plusieurs espèces de légumes, mais aussi du blé panifiable, de l'orge brassicole et de l'avoine nue. Il élève également un troupeau de 50 vaches allaitantes sur 140 hectares et produit du foin de légumineuses en séchoir en grange. « J'ai récemment construit un hangar de 1 500 m2 en zone industrielle pour sécher les fourrages et stocker mes pommes de terre (10 hectares de plants) ». Les fourrages séchés sont vendus sur des créneaux à forte valeur ajoutée (chevaux ou lapins pour les particuliers). Le principal facteur clé de la réussite en bio passe par une bonne rotation. 7 années chez lui, en incorporant des légumineuses. Les rendements moyens en pois et haricots atteignent les 5 tonnes par hectare. « En tenant compte d'années comme celle de 2011, où la battance (pluies importantes) et le sclérotinia ont quasiment anéanti 4 hectares de haricots ». Un événement compensé par des rendements record en pomme de terre (43 tonnes par hectare). La passion du métier est intacte. Le producteur se félicite « d'être transparent et de n'avoir aucun doute sur ce qu'il fait ». Bernard Laurent
Photo : Les marges en pois et haricots sont de l'ordre de 1 500 à 2 000 euros par hectares en bio.