
Nous payons pour avoir un service de remplacement de qualité ». Les propos d'Anthony Kerhervé ont le mérite d'être clairs. Il travaille depuis 2004, en association avec ses parents, sur une exploitation de 140 hectares et 70 laitières à Saint-Nolff. En 2005, l'étable a été réaménagée et équipée d'un robot de traite. « La mise en route a été difficile. Désormais, cela se passe très bien. Nous avons appris à gérer les petites pannes techniques et nous maîtrisons le logiciel ». Les associés, Anthony et sa mère Catherine, en charge du suivi du troupeau, ont appris, avec le temps, à gérer l'automatisation (Gérard s'occupe des cultures). Ils n'avaient pas prévu les longues périodes de remplacement. Notamment les indisponibilités de Catherine, en arrêt deux fois six mois, en raison d'un problème tenace au poignet. Pas plus que les congés paternité d'Anthony. « C'est quand même pratique d'avoir un vacher de remplacement capable d'utiliser le logiciel et de pouvoir dépanner les incidents. Nous avons donc demandé au Sérémor un remplaçant ayant déjà travaillé sur une ferme avec robot ». Si Anthony n'est pas remplacé lors de ses vacances annuelles (prises en période calme), les parents le sont. Là aussi, les associés demandent un remplaçant ayant ce profil.
Théorie et pratique
Jonathan Morhan, 21 ans, est le dernier salarié du service de remplacement à être intervenu sur l'élevage. « Je travaille au Sérémor depuis 4 ans. J'y ai effectué deux années d'apprentissage pour obtenir un BPREA et je suis en contrat depuis 2 ans. Tous les ans, on nous propose des formations courtes. J'ai choisi de m'initier au robot pour changer un peu des formations axées sur les maladies ou l'alimentation ». Trois journées de formation théorique sur la ferme expérimentale de Derval, suivies d'une semaine de pratique sur une exploitation. « Les trois premiers jours sont intensifs, avec des techniciens, notamment des sociétés Lelly et Delaval. On apprend à se familiariser avec les logiciels et leurs différentes possibilités. On apprend aussi à connaître et à gérer les petites pannes ». Un véritable « bourrage de crâne », selon le salarié qui considère cette étape comme indispensable. « À condition d'enclencher tout de suite après sur une semaine de pratique, en élevage ». Et de s'y remettre de temps en temps, lors des remplacements. Jonathan a fait quatre remplacements sur robot, cette année. Avec quelques petits aléas. « Une alarme à trois heures du matin. Rien de bien grave. Un peu de boue collée à la caméra du robot ». Il n'oublie jamais le document remis en fin de formation. « Il est dans ma voiture », précise-t-il en souriant. « Je m'y réfère toujours pour connaître les codes d'alarme et d'incidents ».
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite : Gérard et Catherine Kerhervé, Jonathan Morhan et Anthony Kerhervé.