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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°12424 |
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Morbihan (56)
Un accouchement difficile à Sérent
 

« La simulation économique est très prudente. Les investissements prévus sont suffisants. Les dépenses annuelles d'entretien sont prévues dans l'étude ». C'est l'institut technique agro-industriel des filières viandes (ADIV) qui l'affirme. Mais alors, pourquoi un tel projet, que beaucoup d'acteurs et d'élus locaux réclament, est-il gelé ? Le financement n'est pas assuré, certains politiques sont frileux, les professionnels bouchers hésitent, les collectivités locales attendent que d'autres s'engagent pour investir à leur tour, certains agriculteurs attendent la pose de la première pierre pour prendre des parts. Initié il y a 5 ans, le projet pourrait encore traîner, à ce rythme. Les propos d'Yves Bleunven, président de la commission économique du Conseil général, ne sont pas de nature à débloquer la situation, rappelant, en préambule de son intervention lors d'une réunion publique, mardi dernier à Sérent, que l'abattage est le maillon faible des filières animales « Sinon, les privés s'y intéresseraient ».


Déséquilibre de la société d'économie mixte


L'élu soulève trois problèmes. La répartition du capital dans la société d'économie mixte (SEM). « Il est anormal que les collectivités locales détiennent 78 % du capital et les professionnels seulement 22 %. Il faut viser un équilibre. Que font les partenaires des agriculteurs ? Ils pourraient investir dans l'outil ». L'équilibre financier, atteint seulement au bout de 5 années de fonctionnement, interpelle l'élu. « Comment convaincre des banquiers de soutenir un projet déficitaire pendant au moins 5 ans ? ». Enfin, il pointe du doigt le volet des aides publiques. « Les subventions des Conseils régional et général sont acquises. Il manque, à ce jour, la moitié des subventions espérées ». Celle du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) notamment. Là encore, le représentant de l'ADIV se veut rassurant. « Le projet répond parfaitement aux exigences techniques du Feader ». Frank Pellerin, éleveur, appuie : « Si tous les politiques soutiennent fortement ce projet, la subvention du Feader sera accordée. Ce serait un signe fort, susceptible d'encourager d'autres éleveurs (300 actuellement) et d'autres actionnaires à adhérer ».


La découpe divise les bouchers


Paul Mazerand, représentant les groupements d'achats de la boucherie-charcuterie française,  soutient le projet d'abattage. « Il y a une surcapacité d'abattage en France, d'une manière générale. Mais il n'y a pas assez d'abattoirs de proximité ». Un avis qui rejoint les conclusions d'une étude récente sur le secteur des abattoirs réalisée à la demande du ministère de l'Agriculture. Ces abattoirs seraient rentables dès 600 tonnes traitées dans l'année (Le projet de Sérent en prévoit 700 à 1000 tonnes). Il émet, par contre, un avis négatif sur l'atelier de découpe, qui fera, selon lui, une concurrence sévère aux bouchers locaux. « L'abattoir de Mauléon (64) a été sauvé par sa salle de découpe, au grand soulagement des éleveurs locaux. Beaucoup de bouchers ont disparu en raison de la concurrence de la vente directe ».


Pas d'atelier de transformation


Michel Guegan, président de la Communauté de Communes du Val d’Oust et de Lanvaux, ardent défenseur de l'abattoir, considère que le volume découpé (145 tonnes), indispensable à la rentabilité du projet, n'est pas suffisamment important pour concurrencer les bouchers. « Au contraire, c'est une complémentarité. Ils doivent entrer dans le capital de la SEM pour pouvoir déterminer son mode de fonctionnement. Il n'y a ni atelier de transformation, ni de vente directe prévue dans le projet ». Frank Pellerin, considère que le projet respecte les flux existants. « Les bouchers n'auront pas à investir dans des laboratoires de découpe ». Albert Dubot, boucher local, abonde dans leur sens. Il s'interroge simplement sur la rentabilité d'une chaîne d'abattage spécifique pour un si petit nombre de porcs. Le représentant de l'ADIV rassure. « C'est la chaîne la plus mécanisée. Elle est rentable même dans les petits abattoirs multiespèces. Elle ne prend pas beaucoup d'espace et n'ajoute rien au dimensionnement global de l'abattoir ». Bernard Laurent


 


Photo : 400 personnes, en grande majorité favorables au projet de création d'un abattoir de proximité à Sérent, ont assisté à un débat public, mardi dernier, en soirée, sur ce thème.

 





Financement prévu



  • 700 000 euros Capital SEM (collectivités locales, professionnels, consommateurs)

  • 600 000 euros subventions (Conseils régional, général, Feader)

  • 1 000 000 euros emprunts



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Novembre 2011
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