
Telle qu'elle se profile, la Pac version 2013 va entraîner un affaiblissement des éleveurs de l'Ouest. Une source d'inquiétude pour les responsables de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine qui ont tenu une conférence de presse sur le sujet, le 4 novembre à Rennes. « Nos exploitations en cultures-élevages bénéficient de DPU au-dessus de la moyenne nationale. Dans le cadre de la convergence, ces aides vont baisser, or l'élevage génère davantage d'activité économique en amont et en aval que les cultures », ont-t-ils expliqué, ajoutant que dans le département « les surfaces d'exploitations sont de 50 – 55 ha en moyenne. »
Baisse substantielle des aides directes
L'Ille-et-Vilaine pourrait perdre 50 millions d'euros qui servent l'économie locale. Non opposés à cette convergence des aides, les responsables la souhaitent toutefois progressive. « Elle doit se faire pas à pas. 40% dès la première année (2014), c'est trop », déclare René Collin, président de la FDSEA, soulignant également l'importance de prendre en considération le nombre d'actifs dans l'aide de base. Des craintes sont par ailleurs exprimées sur le découplage des aides dans des productions comme les veaux de boucherie qui seraient alors mises à mal.Les aides du premier pilier, versement direct de l'Europe, seront donc en baisse. Quid du transfert vers le deuxième pilier. Loïc Guines se montre sceptique : « Tous les agriculteurs ne seront pas concernés, et l'Etat et les collectivités vont financer 50 % de ces aides (50 % pour l'Europe). Ils auront leur mot à dire, la société également. » Pour le secrétaire général de la FDSEA, ces mesures ne répondent pas aux besoins de compétitivité de l'agriculture, de revenus... Le verdissement de la Pac pose question aux responsables. Mesures près des cours d'eau, de diversité des assolements, d'éléments topographiques, de biodiversité... « Tout cela entraîne une augmentation du gel de terres, alors que les tensions s'accroissent sur les produits alimentaires », note Marcel Denieul. « De même, toutes ces mesures peuvent poser problème pour les plus petites structures, nombreuses dans notre département. » Les responsables regrettent par ailleurs le désengagement réaffirmé de l'Europe dans la régulation des marchés. Lueur d'optimisme toutefois, le champ autorisé de l'organisation des agriculteurs pourrait être élargi. Satisfaits du maintien prévu du budget global de la Pac, les syndicalistes attendent toutefois la confirmation qui ne sera pas annoncée avant fin 2012. Le flou persiste alors que la crise de la dette se poursuit en Europe. Dans les mois qui viennent, la FDSEA va affiner son analyse de la prochaine Pac et continuer à informer les éleveurs. « Les filières devront aussi intégrer ces évolutions. » Agnès Cussonneau
Photo :De gauche à droite : Marcel Denieul, René Collin, Loïc Guines.