
Pas question d’utiliser les mesures de reliquats azotés à des fins de contrôle ; faire évoluer la réglementation pour faciliter la substitution de l’azote minéral par de l’azote organique et garantir la mise à disposition des terres pour l’épandage. Ce sont les deux conditions préalables fixées par la profession pour que le Finistère agricole poursuive la mise en œuvre du plan de lutte contre les algues vertes. C’est en substance le message adressé par le Conseil de l’agriculture finistérienne(1) à l’Etat, la Région et aux collectivités territoriales. À l’origine de cette réaction très vive et déterminée, l’impression pour la profession agricole de ne pas être écoutée. « Les principes de la concertation et de la co-construction ne sont pas respectés : les propositions et les remarques des agriculteurs exprimées dans les groupes de travail depuis un an ne sont pas retenues. De nombreuses mesures proposées sont dogmatiques, relevant avant tout du « politiquement correct » et trop souvent déconnectées des réalités agronomiques. Leur application mettrait en péril l’activité agricole », a expliqué Jacques Jaouen, président de la Chambre d’agriculture, lors d’un Conseil de l’agriculture finistérienne (Caf) qui s’est tenu en présence des agriculteurs impliqués dans les groupes de travail des 5 baies « algues vertes » du département (Douron, Guillec-Horn, Quillimadec-Alanan, Baie de Douarnenez, Baie de la Forêt).
« Constat alarmant »
Le Conseil de l’agriculture finistérienne parle de constat alarmant. Et d’expliquer que « dans une région où un emploi sur trois est lié à l’activité agricole, les responsables agricoles refusent de détruire ce que leurs prédécesseurs ont mis tant d'acharnement à bâtir ». Convaincus que performance économique peut rimer avec performance environnementale, ils rappellent que les agriculteurs bretons contribuent depuis longtemps à la protection de l’environnement et ont été les premiers à appliquer des règles de protection de la ressource en eau (bandes enherbées, couverts végétaux...). « La Commission européenne a d’ailleurs reconnu que la Bretagne est une des seules régions européennes où l'on constate une amélioration nette et continue de la qualité des eaux superficielles. » « La profession agricole finistérienne n’est pas, comme certains le disent, sur le reculoir », poursuit le Caf. « Notre souci est d’avancer sur les questions environnementales en préservant l’activité économique, déjà encadrée par pléthore de réglementations et directives environnementales. Aussi, aux « recettes » idéologiques proposées nous préférons des engagements réalistes, s’inscrivant dans la continuité de notre travail. » À l’issue de cette réunion, les partenaires du Conseil de l’agriculture finistérienne ont rédigé une lettre ouverte signée de J. Jaouen, président de la Chambre d'agriculture, Guy Le Bars, président de la Fédération des coopératives du Finistère, de Michel Bloc’h, président de l’UGPVB, Thierry Merret, président de la FDSEA et Olivier Billon, président de JA 29. Elle a été adressée à tous les agriculteurs du département (voir le site paysan-breton.fr).
(1) Les organisations invitées au CAF : Odasea – Aveltis – Breiz Europe – Cécab – Cer France Finistère – Chambre d'agriculture – Clal Saint-Yvi – Cofiporc – Cogédis – Contrôle Laitier – Cooperl – Porfimad – Prestor – Crédit Agricole – Crédit Mutuel de Bretagne – Doux – Even – FDSEA – GDS – Groupama – Icoopa – JA – Le Gouessant – MSA d'Armorique – Rolland SAS – Savéol – Sica Saint-Pol – Sill – Sodiaal – SNC Bridel – Syproporcs – Triskalia.
Photo : Pour les Verts, la solution est simple : réduire de 30 % les flux de l’azote passe par une réduction de 30 % de la production porcine.
Pour plus d'infos, consulter le PDF