
Le dernier Comité national opérationnel et de suivi (CNOS) du programme Écophyto2018 a débouché sur le lancement d'une campagne de communication visant à mobiliser plus de producteurs. Mais plus que les témoignages d’agriculteurs engagés dans la démarche qui y sont présentés, ce sont les propos du ministre de l'Agriculture qui ont interpellé. Car s'il a souligné les bons résultats obtenus, avec « une baisse de 87 % de l’utilisation des substances les plus toxiques », ou avec le recours plus important (+ 65 %) aux méthodes alternatives, Bruno Le Maire s'est en revanche dit déçu de la stabilité constatée du recours aux pesticides entre 2008-2010. Sur la question, le secteur agricole « doit pouvoir faire mieux »,
a-t-il jugé.
Des producteurs déjà sans solution
Une déclaration qui a notamment fait réagir le Collectif sauvons les fruits et légumes de France qui, s'inquiète de la position du ministre qui souhaite réduire l’utilisation des produits phytosanitaires , alors que des cultures sont « sans solution face aux attaques de parasites, ravageurs ou maladies. Dans les serres de tomates, le soufre en sublimation, indispensable pour gérer l’oïdium, est prohibé. Dans les cultures de chou, carottes,… les producteurs sont démunis face aux attaques de mouches. Sur artichaut, il n'y a plus de désherbants autorisés. Pour les haricots et flageolets, les producteurs attendent une solution appelée Pyristar pourtant utilisée en Allemagne pour gérer les mouches », liste le communiqué qui conclu : « les volumes de pesticides ont déjà été réduits considérablement et le risque lié à leur utilisation est bien maîtrisé. » L'occasion aussi pour le collectif de rappeler que les professionnels « sont toujours en attente d’une validation par les services du ministre pour pouvoir utiliser certaines solutions complémentaires, sans impact pour l’utilisateur, l’environnement et le consommateur. » Ronan Lombard
Photo : Dans certains cas tels que de la lutte contre la mouche du chou, la protection des cultures est actuellement démunie de solution chimique, selon le Collectif sauvons les fruits et légumes de France.
Le bilan d'étape d'Écophyto sur 2008 - 2010
Écophyto 2018 est un plan national qui vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides sur 10 ans. 1 200 exploitations ont déjà intégré le réseau de fermes pilotes. 45 exploitations d’enseignement agricole se sont engagées dans la démarche. 140 000 professionnels ont suivi une formation sur la connaissance des techniques de lutte intégrée et ont ainsi obtenu
le certiphyto.
3 000 bulletins de santé du végétal ont été publiés à ce jour.