
Il se prépare en ce moment, le 10e programme d'intervention de l'agence de l'eau qui entrera en action en 2013. En vigueur pour des périodes de 6 ans, ces programmes déterminent les domaines bénéficiaires (épuration urbaine, milieux naturels…) et les modalités d'aides (nature des travaux aidés, taux de subvention…), en fonction d'objectifs définis par la loi. Le premier objectif que le futur programme devra prendre en compte est le respect de la directive européenne sur l'eau élaborée en 2000. Il en découle qu'en 2015, deux tiers des cours d'eau, lacs, nappes, estuaires et eaux littorales devront alors avoir atteint le bon état. Ce dernier signifiant que l'eau doit être compatible avec les usages, tout en abritant une faune et une flore abondantes et variées. Aujourd'hui, 30 % des cours d'eau sont en bon état écologique sur le bassin Loire-Bretagne.70 % du bassin est couvert par un contrat territorial. Mais même sur ces zones, les efforts sont à poursuivre car ces contrats ne couvrent pas forcément tous les aspects de la qualité de l'eau. D'une manière générale, « atteindre l'objectif passera par un renforcement des politiques de restauration des milieux aquatiques dégradés et de lutte contre toutes les sources de pollution », précise l'agence.
Un mieux constaté sur la qualité de l'eau
Après plusieurs centaines de millions d'euros mobilisés, la restauration de la qualité de l'eau a d'ores et déjà porté ses fruits. La concentration en phosphore l'illustre : de 33 % en 1990, la part des mesures jugées bonnes dans les eaux de surface dépasse 85 % en 2010. Une réussite permise par l'équipement des agglomérations et des industriels en stations d'épurations. Conformes aux exigences européennes, les plus grosses agglomérations devront maintenir ces résultats et prendre en compte les nouvelles thématiques des micropolluants et des médicaments.
Vers plus de dossiers agricoles ?
« Désormais, le problème de la qualité de l'eau est essentiellement lié à la pollution diffuse d'origine agricole. » Sur le bassin, la moitié des nappes souterraines n'est pas en bon état à cause des nitrates ou des pesticides. Pour les nitrates, plusieurs actions ont déjà été engagées, dont les 260 M€ d'aides pour la mise aux normes des bâtiments d'élevages. Et, là aussi, des résultats sont constatés, avec une légère décroissance des concentrations en nitrate dans les rivières de l'Ouest. Cependant, ils restent insuffisants pour maîtriser des phénomènes tels que les marées vertes. L'objectif de réduction des pollutions d'origine agricole reste de mise. Mais, dans le domaine agricole, l'ampleur géographique contraint l'agence à concentrer ses aides sur des priorités (captages d'eau, secteurs en mauvais état…), bien qu'elle envisage d'étendre son champ d'intervention, par exemple en encourageant la recherche de techniques innovantes. En plus de poursuivre son soutien à la sécurisation de la distribution et de la qualité de l'eau potable, l'agence de l'eau voit aussi émerger dans ses priorités, l'adaptation au changement climatique qui imposera de favoriser les économies d'eau, de réduire les besoins d'irrigation et de s'intéresser aux retenues de substitution. Autant de domaines dans lesquels l'agence devra arbitrer pour définir son prochain programme. Sans perdre de vue que des discussions sont à prévoir sur la question de l'équilibre entre redevances versées et aides perçues par les différents collèges. Actuellement, 80 % de la redevance est payée par les consommateurs d'eau alors que les aides pour l'eau potable et l'assainissement représentent 60 % du budget. Tout un programme au menu de 2012. Ronan Lombard
Photo : Le territoire « Vilaine et côtiers bretons » est couvert à 80 % par des opérations de bassin versant.