
L’échange parcellaire ce n’est pas forcément naturel. Et pourtant, il suffit parfois d’en parler tout simplement pour que l’idée fasse son chemin et se concrétise. Mickaël Trégouët explique : « Une parcelle de 1 ha 40 située à proximité immédiate du siège de l’exploitation se trouvait enclavée entre deux parcelles d’une exploitation voisine. Un simple échange suffisait à la rapprocher d’une autre parcelle que nous exploitons aussi à proximité et d’accroître ainsi notre surface directement accessible par le troupeau ». Encore fallait-il en parler ! Finalement, c’est la passion commune des deux jeunes exploitants pour le vélo qui a permis d’engager la discussion. « J’ai abordé le sujet lors d’une sortie. Il n’était pas hostile et y avait pensé, mais craignait que la configuration de la parcelle, après échange, constitue un point de blocage pour nous ». La démarche était d’autant plus aisée à réaliser que les deux agriculteurs étaient propriétaires exploitants des parcelles à échanger. Ils vont bénéficier d’une aide du Conseil général, 80 % des frais de notaire et de géomètre. Mickaël regrette toutefois d’avoir été contraint de dénoncer un contrat MAE Phytos sur la parcelle en question. « Nous étions en troisième année, j’ai donc dû rembourser 88 euros par an sur les 3 années perçues ». Sophie Le Corvaisier, en charge du dossier échanges parcellaires à la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, souligne que « la profession milite pour que l’échange parcellaire soit reconnu comme un aménagement foncier ». Celui-ci peut donner lieu à une modification du contrat sans préjudice financier.
Élargir le débat
La satisfaction est évidente, car pour Mickaël, en dehors de l’opération elle-même, cela apporte la preuve que cela fonctionne, si on privilégie les aspects positifs. « Essayer de restructurer aujourd’hui pour en profiter rapidement, et ne pas attendre ce que nos successeurs feront de toutes façons demain ». Élu municipal, son idée est aujourd’hui d’initier une démarche plus large au sein de la commune. « Depuis le remembrement, au fil des regroupements d’exploitations et parfois des démantèlements, le parcellaire s’est de nouveau éclaté ». Il envisage une première étape d’information dans les prochaines semaines avec l’appui de la Chambre d’agriculture. « L’objectif serait de créer un milieu d’échanges, une table autour de laquelle chacun pourrait s’asseoir et ainsi démarrer quelques hypothèses d’échan-ges ». Pas question cependant de brusquer les choses. « L’échange parcellaire se fait sur la base du volontariat, sans contraintes ». De même les propriétaires doivent être pleinement associés. « Ils doivent aussi y gagner, notamment en terme de restructuration de leur propriété ». Il sait que le dossier est sensible, mais est persuadé que dans un contexte de réduction des coûts, de rationalisation du travail, d’une meilleure prise en compte des contraintes agronomiques et environnementales, des évolutions sont possibles. « Pour faire adhérer à une démarche de ce type, la dimension économique doit dépasser toutes les autres notions ». Les tracteurs qui se croisent et se recroisent engendrent des coûts importants. Il faut donc se poser les bonnes questions : « quel intérêt j’ai à échanger ? Qu’est ce que j’ai à gagner au niveau de mon exploitation ? ». Pierre Dénès. Voir programme journée échanges parcellaires ci-dessous
Photo : Pour Mickaël Trégouët, avec ses deux filles Julie et Solène, les notions économiques doivent guider la réflexion sur les échanges parcellaires.
« Échanges Parcellaires » Journée régionale le 15 novembre
Les Chambres d’agriculture organisent une journée « Échanges parcellaires : agriculteurs et collectivités, tous gagnants »
mardi 15 novembre de 10 h 30 à 16 h au lycée du Gros chêne à Pontivy (56). Point forts :
- Echanges parcellaires et territoire
- Lever les freins, un atout fort de compétitivité
- Optimiser le fonctionnement de son exploitation
Nombreux échanges avec la salle. Le programme détaillé est accessible sur le site www.synagri.com(rubrique actualité)
ou sur simple demande. La journée est gratuite (y compris le repas). Inscription obligatoire avant le 5 novembre. Information- inscription : Marie-Christine Guilloux 02 97 46 22 29 marie-christine. guilloux@morbihan. chambagri.fr