Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Un bâtiment « très » économe en paille
 

Amateurs de vaches nickel, s’abstenir. Les éleveurs qui restaient dubitatifs en découvrant des vaches pataugeant dans la gadoue d’un parc d’hivernage expérimenté à la station expérimentale de Trévarez ne seront pas davantage convaincus par la litière « profonde » mise en œuvre dans certains élevages espagnols. Objectif de ces éleveurs qui optent pour ce genre de litière accumulée : réduire l’apport de paille de… 85 %. C’est-à-dire que les 10 kg quotidiens recommandés en aire paillée traditionnelle sont réduits à peau de chagrin. En un passage, les vaches enfouissent la paille sous leurs sabots. Une heure après le paillage, on ne voit plus brin de paille… Pas sûr que cette technique vulgarisée en Espagne soit transposable en Bretagne. L’hygrométrie ambiante de notre région rendrait probablement son efficacité aléatoire.


Niveau de cellules maîtrisé


Jaume Torra, éleveur de 380 vaches à Vallfogona de Balaguer, province de l’Érida en Catalogne, met en œuvre cette technique de litière accumulée pour son troupeau de 380 vaches à 10 300 kg de lait (305 jours). « L’objectif est de maintenir du fumier sur 40 cm d’épaisseur minimum », explique-t-il. Pour favoriser l’absorption, le séchage et l’activité biologique de la litière, il réalise un passage de herse rotative deux à trois fois par semaine. « Au besoin, quand la couche de fumier diminue trop par piétinement et décomposition, je racle l’aire d’exercice sur l’aire paillée », poursuit-il, en indiquant qu’il n’a pas curé sa stabulation « depuis deux ans ». Un véritable bouillon de culture penseront la plupart des éleveurs bretons conditionnés à l’hygiène et à la propreté. « Le troupeau tourne à 175 000 leucocytes de moyenne », dévoile l’éleveur. Et de préciser encore que la fertilité est à 42 % en 1re IA et que l’intervalle vêlage insémination fécondante est de 144 jours. « Cette année, la fertilité a été moins bonne au cœur de l’été qui s’est révélé particulièrement chaud ».


Litière dite profonde


Le système de litière profonde est très semblable au système de litière biomaîtrisée qui, lui, fait le plus souvent référence à l’utilisation d’un produit enzymatique ajouté au mélange de litière et de déjections et dont le but est d’intensifier l’activité microbienne. En litière profonde – mise en œuvre à l’origine en production porcine - l’épaisseur de la litière peut atteindre 60 à 90 cm, mais il n’y a aucun ajout de produit enzymatique. Les spécialistes de la technique recommandent de procéder au brassage de la litière  pour maintenir un bon apport d’oxygène nécessaire au processus de compostage. Cependant, il a été montré que ce brassage accroît de façon considérable l’émission de gaz azotés. Dans le cas plus particulier de la litière biomaîtrisée, l’élevage débute sur un mélange de litière et de déjections d’environ 20 cm, avec du produit enzymatique. La litière est ensuite emmenée jusqu’à 70 cm, puis brassée pour répartir et enfouir les déjections de 1 à 2 fois par semaine. Tous les ans, les 20 premiers centimètres sont rafraîchis alors que la litière n’est entièrement renouvelée que tous les 3 ou 4 ans. Didier Le Du


 


Photo : Le brassage du fumier est réalisé deux à trois fois par semaine à la herse rotative.


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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Novembre 2011
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