
« Un bon veau mâle se valorise mieux, même lorsque la conjoncture n’est pas trop favorable. Une femelle qui démarre mal va être poussive longtemps ». Deux constats qui sonnent comme une évidence pour Patrick Rault, producteur de lait à Saint-Denoual, près de Lamballe. Pas question donc de négliger la quarantaine de veaux qui naissent chaque année sur l’exploitation. Les mâles sont vendus à trois semaines. « Je préfère les garder quelques jours de plus pour obtenir la meilleure valorisation ». Les femelles sont toutes gardées et inséminées. « J’assure le renouvellement et le reste est vendu, le plus souvent à l’export ».
Limiter les risques
Son objectif est donc d’avoir des veaux qui démarrent bien. Pas évident et comme tous les éleveurs, même en prenant des précautions, par exemple pour bien désinfecter les cases, il a régulièrement été confronté à des diarrhées, avec tous les désagréments que cela comporte et les coûts liés au traitement. Alors il a choisi la stratégie du « mieux vaut prévenir que guérir ». C’est ce qui l’a conduit, il y a quelques mois, à utiliser un complément alimentaire d’origine végétal riche en polyphénols naturels. Il s’agit d’un produit fabriqué par une société suisse, Phytaxis. « Ce sont des extraits végétaux qui ont un fort pouvoir oxydant. Ils contribuent d’une part à augmenter la résistance des jeunes animaux aux bactéries, favorisent la digestion et établissent une barrière épithéliale sur les parois du tube digestif », souligne Philippe Malestroit, technico-commercial. Il est ajouté à la buvée de lait à raison de 10 grammes par veau et par jour, après la prise du colostrum, sur une période de 10 à 15 jours. « En cas de problème, il est aussi conseillé de l’ajouter au réhydratant, pour accélérer le redémarrage », rappelle le technicien. « Depuis que je donne ce produit, j’ai moins de diarrhées alimentaires et les veaux poussent mieux. Ils sont aussi plus toniques », constate Patrick Rault.
De bonnes génisses
Patrick Rault a fait son calcul : « Un mauvais veau va se commercialiser moins de 50 €, alors qu’au même moment, on peut espérer 90 à 100 € pour un veau de qualité. Le coût du traitement en préventif est estimé à 3 à 4 € ». Il compare avec l’administration de réhydratant dont le coût s’élève entre 3 et 4 € par repas, et des traitements antibiotiques onéreux en cas de problèmes, sans garantie du résultat. La perte de l’animal n’est pas exclue et un malade risque en outre contaminer ses congénères. Moins de soucis avec ses veaux mâles destinés à la vente, et la conviction qu’il contribue aussi à une meilleure croissance des génisses de renouvellement. L’éleveur continue d’ailleurs de donner ce complément aux génisses jusqu’à 8-9 semaines. Il est alors ajouté à l’aliment supplémenté des génisses. Il estime que le coût pour une génisse (de 13 à 15 €) est là aussi vite amorti. « Des génisses qui poussent bien vont arriver avec un bon gabarit et un poids optimal au moment de l’IA (autour de 400 kg) que je réalise à 20-21 mois avec un objectif d’un vêlage à 30 mois », conclut l’éleveur. Pierre Dénès
Photo : Des génisses qui poussent bien vont arriver avec un bon gabarit et un poids optimal au moment de l’IA.