
« Xavier Beulin souhaite qu'il y ait plus de femmes candidates aux élections des Chambres d'agriculture », assure Jacqueline Cottier, vice-présidente de la CNA, intervenante à la journée départementale des femmes, la semaine dernière à Vannes. Un objectif d'au moins 25 % d'élues, correspondant à la proportion de femmes parmi les chefs d'exploitation (28 %). « Il faut aussi entrer dans les conseils d'administration des coopératives », insiste Valérie Passin, éleveur de porcs. « Par la réglementation, sinon nous n'y parviendrons pas ». « Et cesser de faire des groupes techniques pour hommes ou femmes », renchérit Evelyne Kervadec, élue à la Chambre. Bref, les discussions étaient animées, suite aux interventions de deux jeunes agricultrices qui entendent s'imposer sur leurs exploitations. Cindy Chégard, de Ploemeur, à la suite de ses parents sur son élevage de porcs (voir Paysan Breton, supplément Space 2011) et Rachel Le Dirac, de Sulniac, déjà trésorière de la Cuma, associée à son mari en Earl, en production laitière. Pour faire évoluer la situation de manque de représentativité dans les organisations agricoles, le CNA promeut l'accès à la responsabilité aux différents échelons géographiques par la communication, la création de formations, le marrainage. Une agricultrice avec des responsabilités dite marraine, épaule une agricultrice peu engagée, dite filleule.
Gaec entre époux
Jacqueline Cottier a rappelé les axes de travail de la CNA au rang desquels la reconnaissance de tous les actifs sur l'exploitation, quelque soit le statut juridique de l'exploitation. Depuis un an, les époux ont la possibilité de se constituer en Gaec. « La CNA salue cette démarche positive car il s'agit d'un premier pas vers la reconnaissance de tous les exploitants qu'ils soient hommes ou femmes ». Le dossier est d'importance car il touche à la reconnaissance d'une part économique de chaque exploitant. Il touche également à la transparence et à la prise en compte de chaque exploitant dans le calcul des plafonds d'aide et de certains droits de production liées aux parts économiques. Le CNA revendique le droit pour les agricultrices de bénéficier d'une même durée de congé maternité que les autres femmes relevant des autres catégories socio-professionnelles. « Nous demandons une prise en charge des remplacements les weekends ».
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite : Cindy Chégard et Rachel Le Dirac sont intervenues lors de la journée des agricultrices, présidée par Marie Andrée Luherne.