
Le bois est la première énergie renouvelable utilisée en Bretagne. Chaque année, 2 à 2,3 millions de stères chauffent 405 000 logements bretons, soit une résidence principale sur trois. 770 000 m3 de bois de chauffage sont issus annuellement des forêts bretonnes et 230 000 m3 des bocages de la région. Les principales essences sont le chêne et le hêtre et dans une moindre proportion le châtaigner, le charme et le bouleau.
Besoins de conseils
Le bois bûche est une tradition campagnarde avec des circuits d'approvisionnement locaux. L'augmentation du prix de l'énergie et la douceur agréable d'une bonne flambée ont fait progresser cette tradition chez les jeunes ménages péri-urbains équipés d'un poêle ou d'un insert. L'usage du bois a augmenté de 6 % depuis 2001. « Ce nouveau public péri-urbain, sensibilisé aux énergies renouvelables, a besoin de conseils sur l'intérêt d'utiliser un bois de qualité, sur le choix des essences, le mode de stockage... C'est important que des professionnels puissent se positionner sur ce marché », déclare Gilles Petitjean, directeur régional de l'Ademe. D'autant que la Bretagne est largement déficitaire en production d'énergie. « Face à la fragilité de l'approvisionnement électrique de la région, la filière bois a une carte à jouer, en misant sur la qualité ».
Des garanties aux consommateurs
Un nouveau pas a été franchi l'an dernier par la création de la marque Bretagne Bois Bûche, par l'association Abibois. « Cette initiative vise à développer le potentiel de la filière bois-bûche bretonne, en apportant des garanties aux consommateurs », précise son président, Michel Gours. Au total, Abibois recense aujourd'hui plus de 150 professionnels bretons commercialisant du bois-bûche pour les particuliers. Le matériau bois-bûche ne manque pas dans la région avec le bois-bocage et ses 143 000 km de haies et le gisement forestier avec ses 332 000 ha dont 2/3 de feuillus d'une qualité souvent insuffisante pour le bois d'oeuvre mais très adaptée au bois de chauffage. « On ne produit en Bretagne que 60 à 70 % des besoins en bois bûche », estime le président. « Le solde vient d'autres régions, notamment du Centre de la France, alors que nous avons les ressources nécessaires ». Le développement de cette filière est important sous l'angle économique. En effet, 1 200 stères de bois génèrent 1 emploi local stable.
25 % par les professionnels
La démarche des professionnels vise aussi à lutter contre le travail illégal. Seulement 25 % du bois-bûche consommé en Bretagne est vendu par des professionnels. Beaucoup de circuits parallèles se sont mis en place. Le consommateur fait appel au système D et achète du bois sans connaître son essence, sa durée de séchage, ses conditions de stockage. L'objectif de la marque est de lui apporter la garantie de qualité et la confiance. Patrick Bégos
Photo : Les professionnels apportent des garanties sur les essences, sur la qualité et le contrôle de l'humidité ainsi que des conseils de stockage.
Pénétrer le marché péri-urbain
Sur la zone artisanale de Chevaigné (35), Frédéric Allaire vend et livre du bois de chauffage dans un rayon de 30 km autour de son atelier. Du chêne et du charme fendu en bûche de 33 cm. Ses locaux très fonctionnels (des silos protégés par des toitures en tunnels plastiques abritent de grands tas de bois en vrac ou en palettes). Il est adhérent à Bretagne Bois Bûche et s'appuie sur les garanties de la marque pour pénétrer le marché péri-urbain au nord de Rennes.