
Durant les sept premiers mois de 2011, les exportations françaises de viandes et préparations de volaille ont enregistré une hausse de 10,8 % en volume (+ 35 500 t), toutes destinations confondues. Sur l'Union européenne, les expéditions françaises se sont légèrement contractées en volume (-1,7 %). Ce n'est pas à ce niveau qu'il faut rechercher l'augmentation des débouchés. La croissance des exportations françaises a résulté d'une progression des volumes sur les pays tiers.
+ 23 % sur 7 mois
En effet, après une croissance de 9 % en 2010, le rythme des exportations de carcasses congelées de poulet s'est accéléré en 2011, avec une croissance de 23 % sur 7 mois. La progression est particulièrement forte sur l'Arabie Saoudite : 90 000 t soit + 44 % sur 7 mois. La Jordanie a également développé ses achats en multipliant par 2 ses volumes par rapport à 2010. Cette percée compense le retrait du Yémen observé en 2011 (conflits socio-politiques). Nos gains réalisés sur le Moyen Orient compensent les pertes sur la Russie. Nos volumes de poulets entiers congelés commercialisés vers ce pays se sont repliés de près de 15 000 t. en 2010 et encore de 3 400 t. en 2011. Au Brésil, les volumes de poulets exportés ont progressé d'un peu plus de 3 % sur 8 mois avec des hausses importantes en Chine (+ 70 %) mais aussi en Arabie Saoudite (+ 24,7 %). Quant à la dinde, avec des volumes consommés et exportés en baisse, les abattages contrôlés français ont accusé un repli de 4,5 % sur 7 mois. En Allemagne, premier producteur européen de dindes, la production est estimée en repli de 1 % sur l'ensemble de l'année 2011, après avoir progressé de près de 15 % en 2010. Le poulet reste le moteur de la croissance dans ce pays, avec une production attendue en hausse de 5 % (+ 12 % en 2010).
Consommation stable
Sur le premier semestre 2011, la consommation française totale de viande de volaille, calculée par bilan, s'est maintenue à son niveau de 2010 (+ 0,4 %). Par espèce, le calcul indique + 0,4 % pour le poulet, - 3,7 % pour la dinde, et + 5,8 % pour le canard. Ces évolutions se sont faites dans un contexte d'augmentation de prix mo-yen de 6 %. La part des importations dans la consommation française s'est encore accrue pour atteindre 29 % au premier semestre 2011, contre 27 % en 2010. Pour la viande de poulet seule, elle a été de 42 % contre 38 %. En effet, les volumes de viande de volaille importés par la France au premier semestre ont été supérieurs de 10 % à ceux de 2010. Cet accroissement a majoritairement porté sur des découpes fraîches en provenance d'Allemagne et de Belgique et des produits congelés en provenance du Portugal.
La contrainte des normes
La maîtrise des importations constitue un véritable enjeu car l'équilibre du marché en dépend. La production de poulets légers pour le Moyen Orient concerne en effet plus d'un poulet breton sur deux. Un retournement de tendance dans les exportations pays tiers drainerait des volumes importants de poulets bretons sur le marché intérieur du frais. Or, la place des importations dans l'approvisionnement de l'industrie de transformation est aujourd'hui incontournable. Ces éléments montrent que le secteur avicole peine à surmonter les contraintes de la réglementation européenne. Les normes portant sur l'environnement et le bien-être animal concernent directement les producteurs. Elles sont incontrôlables sur le produit fini, dont la matière première a été importée. Patrick Bégos
Photo : Le rythme des exportations françaises de poulets s'est accéléré en 2011, en direction des pays du Moyen Orient (ici l'abattoir Tilly-Sabco).
Baisse des prix
Le recul des prix chez nos principaux concurrents brésiliens et nord-américains est aussi un fait marquant. Les opérateurs européens se voient donc contraints de baisser leurs tarifs pour rester compétitifs, d'autant que la parité euro-dollar est toujours défavorable. Or les coûts de production sont toujours à un niveau élevé. Au mois d'août, l'indice Itavi du coût des matières premières de l'aliment poulet standard est encore supérieur de 36 % à son niveau moyen de 2009, à l'origine d'une hausse du coût du vif de 20 %.