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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°12344 |
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Le robot : un outil qui vous veut du bien ?
 

S’affranchir de la contrainte de la traite : c’est la première motivation des éleveurs qui passent au robot. Le gain de temps évalué est de deux minutes par vache et par jour, soit deux heures par jour pour un élevage de 60 vaches. Il est conditionné à la mise en place d’une organisation rigoureuse et à la présence d’une personne compétente. Si le robot semble être à la portée de la structure ayant en permanence de la main-d’œuvre qualifiée, il faut rester plus prudent si l’effectif est limité afin de ne pas devenir « esclave » du robot…  La productivité de la main d’œuvre est beaucoup plus élevée dans les élevages disposant d’un système de traite automatisé avec 265 000 L par UTH contre 195 000 L par UTH dans les systèmes conventionnels. Cette amélioration de la productivité du travail doit être l'objectif principal fixé par l’investissement. Pour l’atteindre, la clé est de maintenir la qualité de suivi, notamment sanitaire, qui bien souvent était fait aux heures de traite. Les données fournies par l’ordinateur du robot doivent être complétées d'une observation plus rigoureuse du troupeau à l'étable ou au champ afin de rétablir un certain niveau de sécurité.


Intensification laitière


L'analyse des résultats du groupe d'exploitants possédant un robot de traite a permis de dresser une comparaison des critères techniques. La production par vache est nettement plus élevée dans le système avec robot avec en moyenne 7 505 L par VL contre 6 540 L en élevage traditionnel. Toutefois, cet écart peut aussi s'expliquer en partie par la hausse du litrage induit par l'augmentation de la fréquence des traites. Après la mise en place du robot de traite, la production laitière par vache et par an augmente en moyenne de 3 %. Cependant, l’augmentation de cette productivité n'est pas homogène d'un élevage à l'autre. L’intensification laitière se caractérise aussi par une réduction du pâturage au détriment du maïs ensilage. Au niveau de la qualité du lait, le degré d’intensification induit une baisse des taux par « phénomène de dilution ». Par ailleurs, lors du passage d’un système de traite classique vers un système robotisé, une augmentation passagère des taux de cellules et germes est à craindre. Toutefois, ce pic est normalement temporaire, tout revenant à la normale une fois la phase d’adaptation réalisée et la prise en mains du nouveau système de production assimilée (environ 6 mois). Autre point de vigilance ; le nettoyage des mamelles. Ce dernier est désormais réalisé automatiquement. Il faut donc veiller à ce qu’elles se maintiennent propres. Ainsi, l’épilation est conseillée afin de réduire les surfaces d’accroche du fumier ou du lisier. Autre solution, veiller à la propreté des litières et à l’absence d’humidité. En revanche, le taux de lipolyse augmente de manière importante, des pics jusqu'à 40 % ayant même été constatés. Cette hausse est corrélée à la fréquence de traite, mais aussi au cheminement du lait et aux chocs thermiques lors de la réfrigération (sources : Inra, étude GDS 49).


20 % de concentrés en plus


Côté investissement, l’installation d’un robot représente un surcoût par rapport à un système de traite classique. Pour un troupeau de 50 vaches, le différentiel entre le renouvellement de la salle de traite et la mise en place du robot est de 50 000 €. Environ 14 € séparent le coût de production des 1 000 L de lait d’un élevage robotisé de celui d’un élevage conventionnel. Si le poste alimentaire bouge peu globalement, il se répartit différemment entre les fourrages et les concentrés. Dans notre étude, le passage au robot a induit une augmentation de 20 % du poste des concentrés. En revanche, les coûts fourragers baissent de 22 % et les frais d’élevage de 12 %. Le coût de production global se retrouve fortement impacté par l’augmentation de 17 €/1 000 L des charges de structure. Emmanuel Etesse / Cogedis Fideor


 


Photo : Environ 14 € séparent le coût de production des 1 000 litres de lait d’un élevage robotisé de celui d’un élevage conventionnel.


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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Octobre 2011
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