« Je ne savais pas que les ragondins pouvaient entraîner des maladies graves, pour les hommes (leptospirose, toxoplasmose...), pour les chiens... Je ne me sentais pas assez informé », précise un élu, heureux de trouver là des arguments solides pour mettre en place des opérations de régulation des rongeurs aquatiques sur sa commune. Car la communication auprès des conseillers municipaux et des citoyens, et l'allocation de budgets pour organiser des interventions contre les nuisibles, est devenue aujourd'hui très compliquée.
Exposer le sens des actions qu'elle mène et rappeler l'importance du partenariat avec les communes étaient des objectifs affichés par la Fevildec dans l'organisation du premier forum technique des communes d'Ille-et-Vilaine. Une centaine d'élus et agents municipaux étaient présents. « Nous avons des contacts quotidiens avec les équipes municipales et leurs services techniques. Ce sont des interlocuteurs efficaces pour signaler, mais aussi décider », expliquent les responsables de la Fevildec.
Organisée depuis 1996, la lutte collective contre les ragondins et rats musqués a permis de réaliser 200 000 captures. Ces rongeurs peuvent faire des dégâts considérables sur les cultures, mais aussi les berges de cours d'eau et les réseaux hydrauliques. « La réussite de cette lutte passe en premier lieu par la reconnaissance par les municipalités du travail réalisé par les piégeurs . 300 à 500 euros par an et par commune attribués à une équipe de bénévoles est insignifiant par rapport aux coûts d'intervention d'une entreprise. Et dans le cadre d'achats groupés, nous mettons à disposition des communes des cages au meilleur prix », précise Cyrille Lejas, technicien de la Fevildec.
Formations de piégeage
La lutte contre les taupes fait aussi partie des actions historiques de la Fevildec. « Suite à l'interdiction des taupicides, des solutions de piégeage sont développées. Nous organisons des formations accessibles à tout le monde (particuliers, agriculteurs, agents municipaux...), que nous souhaitons augmenter pour que le savoir-faire des taupiers ne se perde pas. »
La Fevildec peut par ailleurs aider les communes à mieux gérer les étourneaux, problématique dans les grandes villes. Sur le pigeon féral, qui génère des risques sanitaires et de destruction du bâti, les responsables visent davantage une approche collective. « Le contrôle des populations, par piégeage et tir de nuit, doit être suivi de la fermeture des espaces de reproduction. Un couple donne naissance à une douzaine de jeunes par an. »
Autre problème de santé publique, la chenille processionnaire du pin. « Les mairies peuvent s'inscrire de juillet à mi-septembre pour des traitements en octobre. » Les communes peuvent aussi jouer un rôle dans la surveillance du frelon asiatique et la lutte contre une plante invasive : la Renouée du Japon.
Agnès Cussonneau