
En prévision des dispositions adoptées dans la charte de territoire de la baie de Saint-Brieuc, la Chambre d’agriculture a réalisé depuis le printemps quelques essais de couverts sous maïs, sur différents secteurs du BV (Gouessant, Gouët, Ic). Les agriculteurs vont être appelés à tirer rapidement les enseignements de ces essais, puisque dans le cadre de la charte de territoire signée le 7 octobre dernier, le semis d’un couvert hivernal sous maïs devient obligatoire dans le cas d’une rotation maïs sur maïs.
L’objectif des couverts sous maïs est de capter l’azote restant dans le sol après la culture et donc d’éviter au maximum les fuites par lessivage. Les observations réalisées sur les différents sites sont à relativiser en tenant compte des conditions climatiques particulières avec un déficit hydrique important. Mais il apparaît que c’est le ray-grass qui se comporte le mieux, mieux que les mélanges avec trèfle ou encore l’avoine diploïde.
Technique à affiner
À Trémuson, Jean-Michel Moro a semé dans une parcelle de mais une bande de ray-grass au semoir à engrais le 1er juillet : le matin, il a effectué un désherbinage du maïs et l’après-midi, il a semé le couvert. Il reconnaît avoir tâtonné dans le réglage de l’épandeur, surtout qu’il disposait de deux semences qui ne se comportaient pas de la même manière au semis (densité). Inconvénient de la méthode, une part non négligeable de la graine reste bloquée au niveau du « cornet » de la plante déjà développée. L’idéal serait sans doute de disposer d’un outil de semis (type Delimbe) au niveau de la bineuse et donc de profiter du 2e passage de la bineuse pour implanter le couvert. Pour autant, sur cet essai 2011 que l’agriculteur admet avoir conduit un peu dans la précipitation et donc pas dans les meilleures conditions, le constat après la récolte du maïs est acceptable. Il faudra revoir la parcelle après un passage d’humidité.
Les opérations « bout de champ » de ces essais sont l’occasion de sensibiliser les agriculteurs aux objectifs et aux moyens déclinés dans la charte de territoire. Ils seront développés plus largement lors d’une dizaine de réunions courant novembre. Il en ressort cependant une certaine inquiétude face à cette nouvelle approche. Elle se veut pourtant plus incitative que contraignante dans sa première phase, c’est-à-dire jusqu’en 2015. Trois ans pour augmenter la surface des cultures fourragères pérennes, réduire la sole des céréales d’hiver, mieux appréhender la fertilisation et réduire l’excédent azoté, se réapproprier les zones humides…
Jean-Jacques René, responsable environnement à la Chambre d’agriculture et membre de la commission locale de l’eau, rassure en mettant en évidence que chaque exploitation va bénéficier d’un diagnostic avant de signer un projet individuel d’évolution. Un projet qui devrait donc être adapté à la situation de chaque exploitation.
Pierre Dénès
Légende photo : Environ 25 agriculteurs ont participé à l’opération bout de champ couvert sous maïs à Trémuson