
Faire connaître les métiers de l’agriculture. Le challenge à relever n’est pas mince, car le problème de la pénurie de salariés formés est récurrent. À cela plusieurs raisons, méconnaissance de la diversité des métiers, en porc, lait, maraîchage, horticulture… mais aussi parfois une mauvaise image, ou tout simplement des idées reçues sur les conditions de travail et de rémunération. Une situation qui se caractérise par une difficulté à recruter. Le nombre d’offres d’emplois est régulièrement supérieur aux demandes.
L’initiative de l’association emploi formation (AEF) et de la Chambre d’agriculture vise donc à faire parler les acteurs du terrain en constituant un réseau d’ambassadeurs et d’ambassadrices. Il comprend aujourd’hui un peu moins de 80 membres. « Il s’agit d’agriculteurs, employeurs ou non, et de salariés qui acceptent de témoigner sur leur métier, sur leur expérience », expliquent Patrick Macé, président de l’AEF et Sylvie Tranchevant, élus à la Chambre d’agriculture. À ce titre, ils acceptent de recevoir des groupes de scolaires, des demandeurs d’emplois, des salariés en reconversion lors d’évaluation en milieu du travail (EMT).
Les femmes ont toute leur place
Francis Favrel, éleveur de porcs à Hénansal, fait partie du réseau. Il a la double expérience de producteur (éleveur de porcs) et d’employeur. Avec son épouse, ils emploient deux salariés au travers d’un groupement d’employeurs. Avec aussi la particularité d’être ouvert à l’emploi de femmes. « Les élevages bénéficient d’automatisation et d’informatisation qui limitent les tâches pénibles. Elles ont souvent une meilleure approche des animaux, un bon sens de l’observation qui est important en élevage ».
Amélie Piquet, actuellement en congé maternité, est l’une des salariés de l’élevage depuis 5 ans. Elle est remplacée par Claire Landel, jeune femme totalement étrangère à la production agricole avant un stage de découverte en élevage de porc (EMT) en juillet 2010. C’est ce qui l’a incitée à suivre une formation au Centre de la Vallée à Quintenic. Et depuis début juillet 2011, elle remplace Amélie.
Partager le métier
Pour Francis Favrel, cette intégration s’est faite assez naturellement. « J’aime bien partager notre métier, et surtout commencer avec des jeunes. Ce qui me permet de les former à nos habitudes de travail ». De fait il n’a pas hésité par le passé à accueillir des stagiaires. « Nous avons besoin se nous tourner vers l’extérieur ».
Un travail de longue haleine dans la mesure où il faut à la fois permettre à des personnes à la recherche d’un emploi de s’intéresser aux métiers, et voir auprès des plus jeunes ceux qui pourraient s’orienter vers des formations agricoles. La pérennité de nombreux élevages pourrait en dépendre demain. Il est évident qu’il faudra intégrer de la main-d’œuvre qui ne sera pas obligatoirement issue du milieu agricole.
Pierre Dénès
18 537 salariés dont 32 % de femmes
En Côtes d’Armor, l’activité agricole représente 18537 salariés, soit 6520 ETP (équivalent temps plein). 32 % de salariés sont des femmes. En 2010 , le secteur porcin a représenté environ 50 % des offres, suivi du secteur bovin, 23 %. Les secteurs de l’aviculture et du machinisme ont représenté 7 % chacun. Sur les 528 demandes d’emplois traitées par l’AEF, 351 n’étaient pas issues du milieu agricole. L’association a effectué 169 placements dont 128 hommes et 41 femmes.
Légende photo : Francis Favrel (à droite) a témoigné de son engagement dans le réseau des ambassadeurs des métiers