
La campagne 2011 a été marquée par la sécheresse du printemps qui a pénalisé les protéagineux, exposés au déficit hydrique pendant la phase sensible floraison – formation des gousses. Les conséquences sur les rendements ont été sévères dans les zones séchantes. La pression forte et précoce de pucerons verts sur pois a eu une incidence dans les parcelles insuffisamment protégées. Par contre, la nuisibilité des maladies a été faible en 2011, autant sur pois que sur féverole.
Des progrès génétiques
En France, les surfaces de protéagineux ont diminué en 2011 à 284 000 ha contre 400 000 ha en 2010. Les aides devraient atteindre plus de 150 €/ha, soit 35 € /ha de plus qu'en 2010. Pour la prochaine campagne et jusqu’à la réforme de la Pac, l’aide européenne disparaît. L’enveloppe de l’aide française au soutien des protéagineux est maintenue pour la 3e année. Si les intentions de semis sont confirmées à la baisse, en raison des faibles rendements enregistrés cette année, l’aide pour la récolte 2012 serait de l’ordre de 140 €/ha. Trois espèces sont éligibles aux mesures de soutien : le pois protéagineux, la féverole et le lupin doux. « Ces espèces sont possibles dans notre région, avec des limites pédoclimatiques », souligne Michel Moquet d'Arvalis. « Le pois est la culture la plus polyvalente, avec une préférence pour le type printemps. Mais selon les situations, la culture d’hiver peut s’envisager. Au niveau génétique, des progrès significatifs ont été faits sur la tenue de tige et la facilité de récolte ». La féverole est plus exposée que le pois aux risques de stress climatiques de fin de cycle (fortes températures, déficit hydrique) et doit être réservée aux terres profondes, à bonne réserve en eau. Le type hiver est à privilégier, sauf dans les situations à bonne alimentation hydrique (bordure maritime Nord). « Le lupin est une culture plus marginale, cultivée sur de faibles surfaces. Son principal atout est sa teneur en protéines, intéressante en alimentation animale (la plus riche des 3 espèces). La culture d’hiver offre un meilleur potentiel, elle est plus sécurisante dans les situations à risque de stress hydrique. La culture du lupin exige un sol sain, sans calcaire actif ».
L'intérêt du pois d’hiver
« Dans les parcelles saines où il est possible de semer tôt et dans les secteurs sans crainte de déficit hydrique important dans la phase sensible, autour de la floraison (mi-avril à fin mai), le pois de printemps reste le meilleur compromis (rendement, tenue de tige, tolérance aux maladies) », estime Michel Moquet. Le pois d’hiver présente un intérêt dans les situations à fort risque de déficit hydrique au printemps (sols séchants) et dans les secteurs où les semis précoces (de fin janvier à fin février) ne sont pas envisageables (sols hydromorphes). « Le décalage du cycle du pois d’hiver lui assure d’autres avantages : la tolérance à l’Aphanomyces dans les sols contaminés et la moindre sensibilité aux insectes de début de végétation (thrips et sitones) ». Les variétés de pois d’hiver sont en moyenne plus sensibles à la verse que les variétés de printemps et plus sensibles à l’anthracnose. Il faut cependant noter les progrès de la sélection ces dernières années qui tendent à améliorer ces 2 critères. « Outre la résistance au froid, la productivité et la tenue de tige sont deux autres critères de choix variétal. Pour la région Ouest, la variété Enduro reste la référence. Indiana, variété de productivité sensiblement identique, apporte un gain en tenue de tige, mais à un poids de 1 000 grains plus élevé ». Patrick Bégos
Photo : En protéagineux, le pois est la culture la plus polyvalente et des progrès significatifs ont été faits sur la tenue de tige et la facilité de récolte.