
Le canard conserve sa position de viande haut de gamme, avec la volonté de la filière d'innover en proposant des recettes faciles et adaptées aux repas entre amis ou en famille. « Grâce à son bon rapport qualité-prix, le filet gagne de nouveaux acheteurs (+ 14 % en 2 ans), qu'il recrute dans les classes moyennes de la population », estime Philippe Guillet, président du Cicar.
60 000 tonnes exportées
En 2010, la France a produit 240 000 t. de viande de canard dont 97 800 t de canard à rôtir et 140 000 t de canard gras (élevés pour lefoie). « Nous avons exporté 60 000 t., principalement vers l'Allemagne et importé 20 000 t. La consommation française se situe donc autour de 200 000 t., soit 3,3 kg par habitant ». Avec 50 % de la production européenne, la France joue un rôle majeur dans la production de viande de canard. Au plan communautaire, la consommation se situe autour d'1 kg par habitant/an. L'exportation vers les pays nordiques est indispensable pour l'équilibre du marché, en particulier pour le filet. « Notre objectif est de décliner l'offre comme celle d'une viande rouge accessible toute l'année et pas seulement durant les fêtes », souligne Gilles Le Pottier, délégué général. « Des actions de communication sont donc menées sur le marché allemand, en direction des circuits de distribution ».
Spécialiser les outils
La consolidation du maillon production est l'une des préoccupations des responsables de la filière. La construction de poulaillers neufs est l'une des clés pour renouveler le parc de bâtiments. Or, les poulaillers de canards sont des bâtiments spécifiques à cette production. Ils sont équipés de caillebotis et leur coût atteint 300 €/m2, en neuf. Ce niveau d'investissement est encore difficile à rentabiliser. Dans le grand Ouest, la taille moyenne d'élevage se situe autour de 1 000 m2 car le canard vient souvent en complément d'autres productions. « La spécialisation des outils avec des surfaces de 2 000 à 2 500 m2 par UTH (et des aides extérieures aux pointes de travaux), permettrait de conforter les éleveurs en place », déclare le président du Cicar. La révision des normes Corpen est en cours, elle concerne le ratio entre l'azote et le phosphore maîtrisables contenus dans les lisiers de canards de barbarie. Les analyses effectuées récemment montrent que le rapport azote/phosphore serait voisin de 1,5. L'utilisation des phytases pour la nutrition des canards de barbarie est assez récente (2006), elle permet une réduction des rejets. Cet enzyme améliore la digestibilité et l'assimilation du phosphore global des matières premières végétales et limite le recours aux apports de phosphore minéral pour couvrir les besoins des canards. Patrick Bégos
Photo : La construction de bâtiments neufs est l'une des clés du renouvellement du parc.