Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
Accompagner cette autre agriculture
 

Quand Anthony Taoc a informé ses collègues de promo du Nivot sur son intention de réaliser son stage de 1ère année de BTS PA au Togo, ces derniers n’ont pas manqué de faire part de leur étonnement. Ils auraient davantage vu Anthony, ce passionné de l’élevage porcin, réaliser son stage au Danemark ou dans tout autre pays « cochonnier ». Mais, c’est sur la ferme du Carto, le Centre d’animation rurale de Tambimong Ogaro au Togo, là où on apprend à conduire des bœufs pour labourer et à élever des poules que ce jeune étudiant en BTSA PA a jeté son dévolu.


L’envie de passer de la parole à l’acte


Tout commence par un coup de main donné aux Amis d’Ogaro, une association dont la mission est d’aider financièrement le centre de « formation » agricole d’Ogaro. « Lors d’un vide-greniers, j’ai discuté avec les responsables de l’association. Leur travail d’accompagnement m’a séduit », explique le jeune étudiant pétri d’une fibre humaniste et associative qui ne demandait qu’à s’exprimer. « Du coup, je suis devenu administrateur de l’association ».
Partageant l’idée de l’association des Amis d’Ogaro qu’il vaut mieux apprendre à être autonome plutôt que de verser des fonds, Anthony Taoc a souhaité passer de la parole à l’acte. C’est ainsi qu’en juin dernier, il a débarqué à l’aéroport de Lomé… accueilli par le frère François Milin, ancien directeur du Nivot, actuellement en poste dans l’antenne togolaise des Frères de Ploërmel.
Pour rejoindre sa base d’Ogaro, l’étudiant breton emprunte un car postier qui le mène au noviciat de Dapoong après 12 heures de trajet. Puis embarquement à bord d’un 4 X 4 sur des pistes de sable rouge. « Quand je me suis approché d’Ogaro, dans les champs, les houes laissaient progressivement place à des attelages de bœufs ». Au travers de la vitre, Anthony Taoc perçoit en fait la première illustration du travail de formation mené par le centre d’animation mis en place par les frères de Ploërmel.


D’autres façons de faire, de penser


« Le centre d’animation accueille des couples, avec leurs enfants, pendant une année culturale. L’objectif est d’apprendre aux hommes à élever des animaux, à travailler avec des bœufs, à cultiver. Quant aux femmes, elles sont entre autres formées à l’hygiène, à l’éducation des enfants. Elles suivent également des cours d’alphabétisation ».
Anthony Taoc est arrivé à Ogaro à la période des semis de maïs. « Nous avons mis 4 semaines pour semer 20 ha de maïs. Un labour à plat précédait ce que l’on appelle le rayonnage. Puis le poquage consistait à faire un trou tous les 20 cm dans lesquels une seconde équipe de femmes déposait une graine avant de les reboucher ».
À l’issue de la formation, les stagiaires togolais repartent avec une partie de la récolte et des animaux de trait. « Au travers d’un contrat de suivi de 3 ans, ils s’engagent à poursuivre dans la voie de ce qu’ils ont appris. Ils doivent également planter des haies pour limiter l’érosion dans cette zone où de nombreux arbres ont été abattus pour fabriquer du charbon très lucratif », explique Anthony qui promet d’y retourner dans quelques années. « Mais déjà, il s’agit d’une première expérience très riche. J’ai vu d’autres façons de faire, d’autres façons de penser chez des gens qui ne sont pas agriculteurs par passion, mais par obligation ». Sans pour autant rechigner à la tâche : « Même durant les durs travaux des champs, ils chantent tous en chœur. Au départ, ça impressionne… ». Didier Le Du



Une terre pour vivre
Le Carto, implanté au nord-est du Togo, a été créé en 1982. Sa mise en œuvre fut confiée aux frères de Ploërmel. Dès le départ, la logistique fut assurée Jean Le Roy, alors directeur du Nivot.
La devise du centre est « Une terre pour vivre ». Elle se décline en plusieurs finalités : permettre l’accroissement de la production agricole et des revenus ; protéger et améliorer le patrimoine foncier ; faire progresser le bien-être familial ; apprendre les habitants à prendre en charge leur milieu ; relever le niveau d’instruction de la population.
En parallèle de la formation agricole, la structure accompagne une action permanente dans les villages et apporte un appui aux initiatives villageoises de création d’écoles primaires.
Chaque année, l’association « Les amis d’Ogaro » organise des manifestations destinées à collecter des fonds destinés au Carto.
Contact : François Le Goff, président des amis d'Ogaro 06 33 40 21 53 ;
Hervé Guirriec,  vice-président  herveguirriec@yahoo.fr




Légende photo : Travail de la terre avant le semis de maïs au centre de formation.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 20 Octobre 2011
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