
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. À Locunolé (29), Michel Pensec reste un adepte de la distribution au godet. Pour alimenter son troupeau de 60 laitières, il s’est équipé d’un godet désileur-mélangeur-distributeur monté sur télescopique. En choisissant un volume de 4,60 m3, deux allers-retours silo-stabulation suffisent pour remplir l’auge des vaches. « Je réalise deux distributions quotidiennes. Ainsi, le soir, j’ajuste les volumes à la quantité consommée dans la journée. »
Un seul tracteur suffit
Michel Pensec dit avoir opté pour la simplicité en choisissant de s’équiper d’un godet. « Sachant que cette solution technique ne nécessite pas d’un deuxième tracteur attelé à une éventuelle distributrice ». Il ajoute : « Avant j’utilisais le godet distributeur avec vis sans fin. Depuis l’hiver dernier, j’ai investi dans le Mélodis de chez Emily. Un outil équipé d’un mélangeur hélicoïdal à double motorisation hydraulique qui permet de mélanger la ration sans efforts », explique l’éleveur.
Pour autant que la machine homogénéise la ration par brassage comme une remorque mélangeuse, l’éleveur ne multiplie pas les ingrédients distribués : « Maïs + correcteur azoté + minéraux + substances tampon… et un peu de sel », liste-t-il, relevant qu’il ne rencontre pas de problème spécifique d’acidose. « Ici, le maïs est haché à 17 mm ; le réglage adéquat de l’éclateur de grains permettant une bonne valorisation de la plante », dit-il, avant d’indiquer que les vaches ont en permanence du foin à disposition « Depuis l’an dernier, elles reçoivent aussi des betteraves. Distribuées entières au godet », précise-t-il. Et de faire remarquer que la vache qui s’attaque à une betterave entière salive davantage que lorsque la racine est coupée. « Du coup, la sécrétion naturelle de substances-tampon dans le rumen est augmentée ».
Ration complète mais pas complexe
Simplicité de la ration, mais aussi rapidité de distribution. Équipé d’une fraise, le godet se remplit rapidement au silo. « Le front d’attaque est net. Ce qui évite l’échauffement », observe l’éleveur qui a délaissé la griffe sachant, entre autres, qu’il n’emploie pas d’ensilage d’herbe. « Toutefois, le double sens de rotation de la fraise permettrait de désiler du brin long ».
Chargement effectué, Michel Pensec complète le godet avec le correcteur et autres compléments avant de lancer le brassage. « L’opération dure deux minutes, le temps de rejoindre le couloir d’alimentation », montre-t-il. « Pour obtenir un mélange homogène, j’effectue quelques opérations de cavage et de bennage du godet afin de bien ramener la ration vers le centre. Tout cela en alternant le sens de rotation des pales », poursuit-il. Et de faire remarquer le rôle d’obturateur joué par la fraise qui grâce à l’inverseur participe également à rediriger le contenu du godet vers le centre. « Avec une griffe, une partie du mélange tomberait sur le sol », pense cet éleveur.
Asservissement des éléments pour facilité d’utilisation
Grâce à l’asservissement hydraulique des éléments, l’ouverture de la porte pour la distribution déclenche la mise en rotation des pales qui jouent alors le rôle d’expulseur du fourrage. « Compte tenu de la disposition de mon installation avec couloir central et deux rangées frontales de cornadis, j’ai choisi le godet avec ouverture droite/gauche ». En fait, à chaque étape, la simplicité d’utilisation voulue par les concepteurs permet de réaliser les trois opérations de base (désilage, brassage, distribution) en trois clics avec le bouton multifonctions du tableau de bord. « Ce qui signifie par exemple que dès j’ouvre la porte, le système d’expulsion se déclenche simultanément dans le bon sens de rotation », montre Michel Pensec qui apprécie aussi la facilité d’attelage. « Un branchement hydraulique push-pull et une prise électrique à connecter pour les électrovannes, et le tour est joué ». Didier Le Du
Photo : Opération de désilage : l’asservissement hydraulique des éléments simplifie l’opération.