
Françoise Phélippot, chargé de mission commercialisation et nouveaux marchés à la Chambre d’agriculture 35, intervenait en ouverture de la journée circuits cours, nouveaux marchés organisé à Plélo, lundi 3 octobre. « Le consommateur d’aujourd’hui a encore évolué. Il est sans doute un peu moins militant, mais il recherche plus de naturel, avec un regain d’intérêt pour le fait à la maison ». Soulignant que les cours de cuisine font actuellement le plein.
« C’est moi qui l’ai fait »
À la recherche du vrai, du facile et du produit plaisir, il entend aussi donner du sens à ses dépenses. Et ceci d’autant que la part consacrée à l’alimentation continue de régresser. Elle explique que la hausse des dépenses courantes (logement, santé, énergie …) auxquelles se sont ajoutés la téléphonie, l’internet … entraînent des arbitrages.
L’alimentation devient la variable d’ajustement. « Donc il fait naturellement des choix ». On constate d’ailleurs une diminution des achats de viandes. Le phénomène est d’autant plus évident en période de crise. « Depuis avril, la consommation des ménages a baissé, au profit de l’épargne ».
La distribution s’adapte
Évolution aussi dans les lieux d’achats. La grande distribution tente de réagir à une baisse de fréquentation. Elle noue des partenariats locaux, développe de nouvelles enseignes en produits frais. Le hard discount qui stagne réintroduit des marques nationales dans ses rayons. Les commandes par internet se développent dans la plupart des grandes enseignes de distribution. L’ouverture des Drive illustre aussi cette volonté d’adaptation et d’élargir l’offre…
Dans cette tendance à consommer autrement, les produits locaux peuvent toutefois tirer leur épingle du jeu. « Mais la plupart des producteurs en vente directe sont invisibles », constate Françoise Phélippot. Les Amap qui ont pourtant fait le bon choix de se regrouper pour vendre peinent parfois à renouveler leurs abonnements.
Toujours être attentif aux évolutions
Le consommateur serait donc prêt à se laisser séduire. « Il attend d’être rassuré sur les modes de production, les normes de qualité, l’environnement… Une manière de donner du sens à son achat. Et ainsi justifier un prix qui peut dès lors être un peu plus élevé ». Selon Françoise Phélippot, 30 % des consommateurs se focalisent uniquement sur le prix. Pour 70 %, il y a un autre arbitrage.
L’important, c’est donc de répondre à l’attente du consommateur. Ce qui implique aussi d’être professionnel dans son acte de vente, de bien communiquer, de tenir ses promesses. D’où l’intérêt pour tous ceux qui envisagent de se lancer de se former, de bien cerner son marché, de disposer des bons outils de communication. Comme la vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain, cela implique de toujours être attentif aux évolutions. Et d’accepter de se remettre en cause régulièrement car rien n’est jamais acquis.
Pierre Dénès
Légende photo : Françoise Phélippot, Chambre d’agriculture 35