Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°12292 |
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Finistère (29)
Le photovoltaïque paye une partie du séchage
 

C’est l’un des cinq élevages du Grand Ouest à combiner séchage en grange et photovoltaïque. L’EARL Thomas, à Lampaul-Ploudalmézeau (29) utilise désormais l'air qui refroidit les panneaux photovoltaïques pour sécher le foin. En réalité, pour le séchoir construit en 2006, l’arrivée de panneaux, en juillet 2010, n’a pas changé énormément de choses. Par rapport à l’ancienne couverture, « j’ai gagné 1°C sur la température de l’air à l’entrée du séchoir avec les panneau », explique Dominique Thomas, le chef d’exploitation. « Je pourrais certainement augmenter un peu plus la température de l’air à l’entrée des ventilateurs car il y a des espaces entre les panneaux qu’il serait possible de boucher pour rendre la gaine plus étanche. Mais autour des panneaux, il faut que l’air puisse circuler quand les ventilateurs sont arrêtés pour éviter qu’ils ne surchauffent », poursuit l’éleveur, illustrant la complémentarité de deux équipements. Pour lui, l’intérêt du solaire est surtout économique puisqu’il produit désormais 60 000 Kwh / an d’électricité, vendus à 0,60 € / kwh.


Un retour sur investissement de 7 à 8 ans


L'investissement de 260 000 € pour remplacer les éverites par les panneaux photovoltaïques fait suite à celui fait pour le
séchoir quelques années plus tôt, de l'ordre de 150 000 €. « Pour quelqu'un qui construit son séchoir, mettre du photovoltaïque dès le départ peut-être une opportunité pour rentabiliser plus rapidement l'investissement. » Même avec la baisse des tarifs le calcul mérite d'être fait. « Le souci maintenant, c'est que les tarifs évoluent fréquemment et que les procédures peuvent être longues. Pour ceux qui souhaitent installer du photovoltaïque pour payer une partie du séchage, il faut faire les démarches administratives avant de s'engager pour connaître son prix de rachat et faire son calcul », conseille-t-il.
Sur son exploitation, Dominique Thomas estime que poser dès le départ une couverture photovoltaïque lui aurait permis d'économiser 10 000 à 20 000 €, mais « au moment de la construction du séchoir, on parlait encore assez peu
du photovoltaïque », se souvient-il.


Un pas de plus vers l’autonomie


En plus de l'intérêt économique, l'éleveur se montre satisfait de produire l'équivalent de l'électricité qu'il consomme. « À 3 km  de la mer, on est en limite de zone où le séchage est possible. L'air est toujours humide et le séchoir est donc gourmand en énergie. 2 à 3 fois plus que dans d'autres secteurs tels que le bassin de Rennes », explique-t-il. Ainsi sur les 50 000 à 60 000 kwh consommés par l'exploitation et l'habitation, 30 000 à 40 000 kwh, sont le fait du séchoir. Le bilan énergétique équilibré sur la ferme ouvre des perspectives à l'éleveur engagé en agriculture biologique. « D'ici à ce que le contrat de rachat se termine, il existera peut-être des systèmes de stockage efficaces qui me permettront de ne plus acheter d'électricité », rêve Dominique Thomas. Rendez-vous en 2030 pour savoir s'il s'agit là d'une prémonition. Ronan Lombard



Le séchoir
Motivé par la perspective de réduire les intrants et le temps de travail lié à l'ensilage de maïs, Dominique Thomas a mis en place un système herbager sur son exploitation de 50 ha. Mais pour nourrir un troupeau capable de produire le quota de 330 000 l, les 20 à 25 ha accessibles au pâturage n'étaient pas suffisants et le séchoir était impératif. Il a donc construit 3 cellules de séchage en agrandissant son bâtiment d'élevage. Pour chauffer l'air, il a utilisé la toiture d'un bâtiment adossé au séchoir utilisé pour l'élevage des veaux et des génisses. « Il m'a paru intéressant d'isoler ce bâtiment et c'était aussi plus facile à faire car il est plus bas. Avec la griffe suspendue, j'avais aussi peur que les à-coups fragilisent les gaines. »
Finalement, le système tout herbe a bien répondu à l'objectif de réduction des intrants, avec un coût alimentaire réduit de 49 € / 1 000 L en 2005 à 31 € / 1 000L en 2010. En revanche sur le temps de travail, l'éleveur n'a pas constaté de changements, « il y a autant de temps à passer, car avec le passage en bio, la productivité a diminué et il a donc fallu augmenter le nombre d'animaux. » Ce qui a évolué, ce sont les conditions. « Le travail est plus régulier. Les chantiers ne se font que par beau temps, et je n'utilise plus de pulvérisateur », se réjouit Dominique Thomas.




Des portes ouvertes, un voyage
Dans le cadre des Jeudis du foin, le Segrafo organise 13 portes ouvertes sur le Grand Ouest sur des exploitations dotées d'un séchoir à fourrages. En Bretagne, quatre dates sont à retenir pour ces visites :
- Le 27 octobre, à Le Merzer (22), sur l'EARL Le Moal, équipée d'un séchoir auto construit, avec une distribution en direct.
- Le 3 novembre, à Le Drennec (29), sur l'EARL de la colline ventée où le séchoir, d'une capacité de 400 t est dans le prolongement de la stabulation.
- Le 24 novembre, au Gaec du P'tit bois, à Meillac (35). Les éleveurs qui pratiquent la transformation pourront témoigner des effets de l'utilisation de foin séché en grange sur la qualité de la production laitière.
- Le 1er décembre, à Languidic (56), sur l'EARL des étangs où la grange de séchage a été auto construite en lamellé collé et est équipée de panneaux photovoltaïques.
Du 14 au 18 novembre, le Segrafo organise par ailleurs un voyage en Aveyron, pour visiter 10 à 15 fermes équipées de séchoirs.
Inscription avant le 21 octobre. Tarif maximum : 430 €. Contact : 02 99 41 57 35.




Légende photo : En refroidissant les 400 m2 de panneaux photovoltaïques, l'air envoyé dans le séchoir gagne entre 8°C et 13°C par rapport à la température extérieure.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 13 Octobre 2011
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