
Les premières données du recensement agricole 2010 communiquées par la Draaf Bretagne montrent une baisse de 9,1 % du nombre de pondeuses œufs de consommation (18,7 millions de poules au lieu de 20,64 en 2000). Durant ces 10 ans, les cessations d'activités ont surtout concerné les ateliers de petite taille, confrontés comme l'ensemble de la filière, aux mises aux normes bien-être des poules. Le respect de la directive européenne exige un changement des cages et parfois la rénovation de l'ensemble du bâtiment. L'investissement minimum atteint 20 €/place, une charge trop lourde pour certains élevages. Les ateliers se concentrent dans les régions de Lamballe, Centre Bretagne, Pontivy et Ploërmel. La Bretagne représente 41 % du parc national de pondeuses.
55 % des pondeuses en Côtes d'Armor
L'évolution est contrastée entre départements. En Morbihan, le parc (4,94 millions de pondeuses) s'accroît de 9 %. C'est aussi le cas en Ille-et-Vilaine (+ 5,1 %) avec un parc bien plus faible (979 000 places). Les Côtes-d'Armor sont le premier département avec 10,35 millions de pondeuses (55 % du parc breton avec une chute de 6,7 %). En Finistère, la baisse du parc est importante (-39 %). Il reste 2,4 millions de pondeuses contre 4 millions, il y a 10 ans. La position excentrée du département augmente les problèmes de logistique, les coûts d'approche, ce qui entraîne des difficultés à renouveler certains contrats. Compte tenu de la diversité des modes de production (label, plein air, bio, cage), la taille moyenne d'atelier n'a pas grande signification. Les données actuelles ne permettent pas une analyse par type de production.
+ 15 % en poulets
La surface régionale de poulaillers volailles de chair passe de 6,31 millions de m2 en 2000 à 5 millions en 2010. La diminution du parc régional de 20 % s'est surtout produite entre 2000 et 2005, elle s'est plutôt stabilisée depuis. La baisse est quasiment identique (autour de 23 à 25 %) en Finistère, Ille-et-Vilaine et Morbihan. Par contre, en Côtes d'Armor, elle est nettement plus faible (-7 %). Le Morbihan demeure le département le plus avicole (1,8 million de m2), suivi des Côtes d'Armor et du Finistère (entre 1,2 et 1,3 million de m2). En Ille-et-Vilaine, la surface est nettement plus faible (700 000 m2). La production de volailles de chair se concentre dans un croissant Centre Finistère-Est Morbihan. L'évolution des effectifs d'animaux montre un basculement entre les productions. D'un côté, la production de poulets a augmenté de 15 % en 10 ans, les effectifs en place passant de 41 millions en 2000 à 47,4 millions en 2010. En dinde, c'est l'inverse. Entre 2000 et 2010, les effectifs ont baissé de 16,8 millions à 10,8 millions (-35 %). La réduction des exportations de dinde vers les pays européens a provoqué une baisse des mises en place.
Poulet léger et lourd
Le basculement est particulièrement net en Morbihan qui augmente ses effectifs de poulets (12,1 millions) de 23 %
et baisse sa production de dindes de 37 %. En Finistère et Côtes d'Armor, l'augmentation des effectifs de poulets est importante (14 %) pour des baisses en dinde de 31 à 34 %. L'Ille-et-Vilaine progresse moins en poulet (+6,3 %) mais voit ses effectifs de dindes fondre de 34 %. Plusieurs facteurs expliquent ces progressions. Le poulet léger destiné à l'exportation s'est beaucoup développé dans l'Ouest breton avec les deux intégrateurs basés à Châteaulin et Guerlesquin, il représente aujourd'hui plus de la moitié des effectifs bretons. La production de poulets lourds est également en hausse, notamment en Bretagne Centrale. Patrick Bégos
Photo : Après rénovation et installation d'une ventilation dynamique, certains éleveurs ont abandonné la dinde au profit du poulet.
131 000 lapines repro
Les effectifs bretons de lapines reproductrices sont passé de 190 000 en 2000 à 131 000 en 2010, soit une baisse de 31 %. Le Morbihan est le département où la production est la plus présente avec 42 300 cages (en baisse de 30 %). L'élevage de lapins se maintient mieux en Côtes d'Armor, avec 42 300 mères (-23 %). Il chute de 37 à 39 % en Finistère et Ille-et-Vilaine. Les cessations concernent surtout des petits ateliers, dans un contexte de difficulté à répercuter la hausse des coûts sur les prix de vente.