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Ille et Vilaine (35)
« Pas de photovoltaïque au sol »
 

« Nous sommes favorables au développement des énergies renouvelables, mais pas sur des terres agricoles, qui plus est à fort potentiel. Dans un contexte de gestion économe des sols, il serait préférable d’équiper en photovoltaïque le bâti existant ou futur », ont martelé une cinquantaine d’agriculteurs, samedi 24 septembre devant la mairie de Melesse. A l’appel des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA, ils ont souhaité « marquer le coup » pour éviter toute dérive sur le foncier.


Du discours aux actes


Alors que la « Charte agriculture et urbanisme » a été signée le 18 juillet dernier, visant une meilleure gestion du foncier, « nous ne pouvons pas laisser les terres agricoles disparaître sans rien dire. La LGV, les axes routiers vers Redon et Angers vont déjà consommer un nombre important d’hectares », soulignent les agriculteurs. Le 23 août, dans le cadre de la Fête de l’Agriculture, les JA avaient organisé une soirée débat sur le thème « Quand la ville grignote la campagne… ». Cette soirée avait permis de présenter un état des lieux de la pression foncière subie par les agriculteurs face à l’urbanisation. Il avait également été l’occasion de partager les difficultés et inquiétudes avec les élus locaux. « Dans les discours, les politiques nous soutiennent, qu’ils le montrent sur le terrain », demande René Collin, président de la FDSEA 35.
Venus à la rencontre des producteurs, des élus de la Communauté de communes du Val d’Ille ont rappelé les objectifs d’indépendance énergétique sur le territoire, à échéance de 20 ans. « Ce projet photovoltaïque représente 10% de la consommation d’électricité de Melesse », a chiffré Daniel Cueff, président de la Communauté de communes du Val d'Ille et maire de Langouët. « Nous souhaitons bien sûr y ajouter du photovoltaïque sur le bâti. De même, le chauffage solaire, l’éolien, la méthanisation doivent être développés en Bretagne. » Dans cette ambition, l’élu affirme « tenir compte des avis des uns et des autres pour que le territoire ne soit pas en précarité énergétique. »


Moins 100 ha d’emprise foncière


Daniel Cueff affirme également : « Depuis trois ans, nous nous attachons à limiter l’emprise sur le foncier agricole, au niveau départemental comme local. Sur la Communauté de communes, 100 ha qui étaient autorisés dans les Scot ont été requalifiés pour rester agricoles ». Le terrain concerné par le projet appartient à la collectivité, classé en ZA (Zone artisanale), mais pour le moment rien n’a été construit dessus. Des installations agricoles « atypiques » sont normalement prévues sur le site. « À voir », doutent les responsables de la FDSEA et des JA qui vont faire leur possible pour qu’aucun panneau photovoltaïque ne soit posé au sol. Samedi dernier, ils ont donné leur avis au Commissaire enquêteur chargé du dossier. C’est le Préfet d’Ille-et-Vilaine qui devra trancher sous un mois. Agnès Cussonneau


 


Photo : Samedi, devant la mairie de Melesse. Ambiance tendue entre les agriculteurs et les élus (avec le chapeau, Daniel Cueff, président de la Communauté de communes du Val d'Ille).


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Date de l'article : semaine du N° du 30 Septembre au 6 Octobre 2011
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