
Au féminin et avec un petit effectif. Sur l'exploitation d'Isabelle Chevalier, à Bréal sous Monfort, c'est la viande qui assure l'intégralité du revenu. Pourtant, l'élevage ne dispose que de 28 ha et d'un droit pour 26 vaches allaitantes. En 2006, « j'ai choisi la Salers, lors d'une visite au Space où j'ai vu le stand de l'Association Salers de l'Ouest. J'ai trouvé cette vache très belle. » C'est à cette période qu'elle reprend l'exploitation familiale jusqu'ici laitière. À partir d'un mâle et 14 femelles, achetés dans la région, elle se constitue un troupeau dont la vente directe sera le principal débouché.
Un veau plus rose que blanc
« Ce que font certaines grosses structures de façon un peu marginale, moi j'en fait ma seule activité », assure Isabelle. Au détail près qu'elle vend surtout du veau, conduit « de la manière la plus simple possible. » Pas de veau de lait, pourtant bien ancré dans les mœurs régionales, mais un broutard resté sous la mère et au pâturage, abattu à 6 ou 7 mois. En plus d'une quinzaine de veaux vendus annuellement, elle prévoit de valoriser en direct 3 à 4 génisses lourdes / an. Que ce soit avec la viande de bœuf ou de veau, la gamme est simple : des colis vendus à 13,50 € / kg pour le veau et 11,50 € / kg pour le bœuf. Située à moins de 20 km de Rennes, sa clientèle est « surtout constituée de nouveaux habitants qui veulent découvrir ce qu'il y a autour de chez eux. » Et pour les atteindre et les fidéliser, Isabelle Chevalier teste différents moyens. Adhérente au réseau Bienvenue à la Ferme, elle développe un site internet et est parfois présente au marché pour prendre les commandes, pas toutes les semaines « car il ne faut pas créer l'habitude. » Sur la ferme, un véritable point d'accueil, avec des présentoirs qui invitent à découvrir la race et sa région d'origine, est en cours de réalisation. « Le magasin permet de bien séparer l'accueil professionnel, de la vie familiale », et il fait partie de la visite de la ferme qu'Isabelle Chevalier propose à ses clients.
Des atouts de la race bien valorisés
Pour la rentabilité de son activité, l’agricultrice s'appuie aussi sur un système économe et des résultats techniques adaptés. « Nous avons en grande partie auto construit les installations nécessaires au troupeau allaitant, monté la cellule de stockage de céréales… », car l'autonomie de l'atelier est recherchée. « L'alimentation repose sur le pâturage et le foin, complétés par les céréales et de la luzerne produites sur l'exploitation. » Les vêlages sont étalés sur l'année, « c'est idéal pour la vente directe car cela fait des animaux à sortir toute l'année », justifie l'éleveur. « La productivité numérique de l'élevage de 110 % montre bien que la reproduction est un intérêt de la race », complète Christian Veillaux, animateur de l'association. « Ici, les vaches vêlent tous les 10 mois », répond Isabelle Chevalier. Déduction faite de la prestation d'abattage et de découpe, les veaux sont valorisés autour de 870 €, et les génisses près de 1 350 €. Pour améliorer ce résultat, « je vais alourdir les carcasses des génisses et les vendre à 26 ou 30 mois », contre 22 mois sur les premières années de mise en route. Ronan Lombard
Photo : L'autonomie alimentaire repose sur le pâturage, le foin, quelques hectares de céréales et une parcelle de luzerne.